‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 406 sur 415 · T. IV, p · texte numérisé non relu

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chose eût élé possible sous le régime arverne * : d'abord, l'esclave affranchi voyait sa carrière entravée par les traditions d'un patriciat formaliste ; et, ensuite, la richesse immobilière lui était moins possible que les sacs de pièces d'or ne le furent à un Licinus. Le régime impérial fut pour la Gaule le triomphe des parvenus''^ : et c'était, somme toute, au profit de l'activité humaine. Les maîtres n'étaient pas hostiles de parti pris à FalTranchissement de leurs esclaves. 11 régnait môme l'usage que le Romain les affranchît par testament, pour que sa mort les rendît libres . c'était alors la manière de doter ou de récompenser ses serviteurs, sans doute aussi de plaire aux dieux et de se faire bien juger des vivants \ Et il en résulta ceci d'étrange, que l'existence de ces immenses fortunes et de ces troupeaux d'esclaves fut plutôt favorable que nuisible aux progrès de la liberté humaine. Le petit bourgeois, qui n'avait que deux ou trois esclaves, pouvait hésiter à les affranchir et à faire tort ainsi à ses héritiers. Trimalchion n'a pas cette crainte : il est assez intelligent des choses de la vie, ou assez timide devant celles de la mort, pour vouloir se faire pardonner sa richesse par les dieux et les hommes en rendant à ses esclaves leurs droits d'humanité : « Amis », disait-il, « les esclaves sont aussi des hommes, et ils ont bu le lait comme nous, quand bien même le mauvais destin les ait accablés. Moi vivant, je veux qu'ils prennent l'avant-goût de l'eau libre, et je veux leur dire que je les affranchis tous par testament*. » D'un coup, il rend à la liberté des centaines d'hommes : ce parvenu, si orgueilleux qu'il soit, n'est pas un méchant homme; et nous savons qu'il fait école en Gaule ^

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