‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 407 sur 415 · Sut., 71 : Oinncs illos in testamenlo meo inanumitlo · texte numérisé non relu

Sut., 71 : Oinncs illos in testamenlo meo inanumitlo

5. L'épigraphie funéraire nous fournit de cela des preuves nombreuses : car l'esclave affranchi ainsi se chargeait d'ordinaire ou plutôt avait le devoir d'élever

Ajoutons enfin que l'Empire a fait pénétrer dans les Gaules de vieilles pratiques sociales propres à rapprocher les hommes, quels que fussent leur rang et leur condition. Rome avait beau se laisser gouverner par les plus riches : elle n'oubliait pas que jadis, au temps des grands comices, plébéiens et patriciens, puissants et misérables étaient mêlés, et qu'à cette glorieuse époque chaque citoyen valait sa valeur d'homme. Ce principe d'égalité, loin de disparaître sous l'Empire, fut appliqué dans les provinces, non pas sans doute comme règle politique, mais comme pratique morale et survivance religieuse.il y eut, dans la vie de la Gaule, des jours et des lieux où riches et pauvres, et les esclaves avec leurs maîtres, étaient réunis pour jouir ensemble des mêmes plaisirs, et des plaisirs qui les passionnaient le plus : c'étaient les jours de spectacles et c'étaient les grandes bâtisses de jeux, cirques, théâtres et arènes.

Que sur les gradins de ces bâtisses les rangs sociaux fussent distingués avec soin, les bonnes places réservées aux plus nobles et aux plus riches', les mauvaises abandonnées aux prolétaires : cela va de soi, et nous ne procédons pas autrement, en dépit de nos prétentions démocratiques. Mais enfin, ces lieux étaient accessibles à chacun, l'entrée en était gratuite, et ils avaient été bâtis si vastes et si bien disposés, que tout curieux pouvait y trouver place et tout assistant y voir le spectacle.

ou d'entretenir le monument de son bienfaiteur (cf. t. IV, p. 372, t. VI, cli. IV). Comparez aux paroles de Trimalchion (p. .370, n. 4) le testament du Lingon (XIII, 5708) : Omnes liberii m'A et liberlx, qiios et vivos et quos hoc testamcnto manumisi.

i. .Vu théâtre d'Orange, places réservées aux chevaliers iXII, 1241); aux amphithéâtres d'Arles et deNimes, places réservées à des membres de corporations et à d'autres (XII, 714, 3316-8: 3318 : cuneus quxs[toris?], conjecture d'il. Dazin); cf. XIII, 1919 (cirque de Lyon), 1805; etc. '

Que ce spectacle fût d'ordre misérable, il nous importe ])ou en ce moment'. Ç.e qu'il faut retenir delà A'ue de ces milliers de corps entassés et étages, c'est qu'il y a là toutes les espèces vivantes de la société humaine, depuis le sénateur drchi-millionnaire jusqu'au mendiant de la rue, et qu'ils se sont amassés là pour j^oùter les mêmes joies. Presque rien ne sépare leurs corps, et rien ne sépare leurs âmes.

Si ce n'était la bassesse de ces joies, je dirais volontiers que ces jeux furent, dans l'Empire romain, une affaire de bienfaisance, d'liyj.;iène morale. Aucun théâtre, aucune fête moderne ne donne l'idée de ces arènes antiques, de leur rôle social, de leur portée humaine. Dans aucune autre institution de l'Empire romain, il n'a été fait plus de place aux droits de l'égalité naturelle, on n'a moins invoqué le privilège de la richesse et l'ignominie de la pauvreté.

C'est à ces heures de spectacle (|ue le plus pauvre prenait sa part du luxe inouï qui enveloppait le monde impérial. Pour n'êtrepas des plaisirs de riches, les jeux du cirque', de l'arène, du théâtre n'en étaient pas moins des plaisirs qui coûtaient fort cher. Il fallait entretenir ou louer des troupes d'acteurs, de mimes, de danseurs, formées presque toujours de sujets étrangers, grecs pour la plupart ^ Chaque ville importante possédait son école de gladiateurs % et la plèbe exigeait sans doute que toutes les catégories de combattants y fussent représentées : à Nîmes, par exemple, on montra des gladiateurs

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