‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 5 sur 415 · Cf. t. VI, ch. III, II, I, IV · texte numérisé non relu

Cf. t. VI, ch. III, II, I, IV

0 LA POPULATlliN.

tableaux de la civilisation gallo-romaine, il est certain que des voyageurs' ou des énulits en ont rédigé- dans les trois premiers siècles^ de l'ère impériale \ Ces récits seraient pour nous d'un prix inestimable : nous ne pourrions sans doute pas les contrôler, nous pourrions pourtant les croire, venant de témoins qui ont regardé et réflécbi. Ils nous rendraient les mêmes services que les récits des étrangers qui ont visité la France à la veille

1. D'Arbois de Jubainvillc, Principaux auteurs de l'Antiquilc à consulter sur l'Iiisloirc des Celles, 1902 {Cours de Ult. celt.. XII).

2. Voyez par exemi>le : les observations failcs par Varron, lors de son voyage iiiililairo en Gaule jusqu'au Rhin [|ieul-olre on 5'] av. J.-C, lire ad Rhcnum cum cxercituin d'iccrem], sur l'a^Micultarc et les produits du pays (/?. r., I, 7, 8); les observations faites par Pline IWncien sur des sujets si-niblables, lors de son service militaire en Germanie Inférieure sous Claude en 47 (génies visœ nobis Citaucorum, XVI, 2), et ensuite peut-être lors d'une intendance en Belgique en 74, ce qui lui donna lieu d'écrire Bellorum Grrnuniiœ viginli libros (Pline le Jeune, /•-'/<.. III, 0, 4), et ce qui exiiliquc l'abonilance de f lits qu'il nous apporte sur ces légions; les nombreuses observations du mènie Pline l'Ancien sur la région des Alpes (VIII, 217; X, 56, 133, 13i, ISG; XXXVII, 44), empruntées sans doute à quelque descripliou d'i:;gnalius Calvinus, qui y fut préfet (t. IV, p. 223; visam in Alpibus... p/-ot/(d(7) ; cerlains détails de voyages donnés par SlraLon (IV, I, 12, sur 1.1 voie Domilienne); les généralités de Dion Cassius (au moment de la n-ort de César, XLIV, 42, 4-5); le voyage du grammairien Démétrius de Tarse allant jusqu'en Bretagne et décrivant les îles des Morts (Plularque, De dcf. orac, 2 et 18; je n'hésite pas à croire à la réalité du voyage, cf. Drssau, Ilennrs, XLVl, 1911, p. 156 et s. ; ici, p. 140).

3. Je devrais dire dans le premier siècle : car, après Pline l'Ancien (mort en 79), il n'y a pas la moindre trace d'un travail descriptif consacré à la Gaule. Ptoléniéc (mort vers 180) se sert pour la Gaule de documents antérieurs à son temps et qui peuvent être attribués à celui d'Auguste (voyez par exemple la mention de vieilles tribus de la Narbonnr.ise, II, 10, 5), documents nuxiiuels il ajoute d'ailleurs des mentions contemporaines. — Athénée (à la lin du second siècle) et Solin (au milieu du troisième) ne font que compiler des documents des derniers temps de la République ou des premiers de l'iùnpire.

4. Cela résulte des renseignements épars chez Strabon (qui a écrit vers 19), Pomponius Mêla (vers 40-41) et Pline (n. 2). — Il est cependant à remarquer que presque toujours, conformément à une habitude invétérée chez les écrivains de rAnli(}uité, ces géographes ne se souciaient guère de donner des descriptions conformes à l'état actuel, mais qu'ils allaient puiser leurs renseignements à des sources bien antérieures à leur temps. Strabon, par exemple, qui est contemporain des premiers temps de Tibère, ayant à décrire la Gaule, déjà conquise depuis soixante-dix ans, se préoccupe, surtout d'utiliser les voyageurs qui ont visité ou décrit la contrée avant ou pendant la conquête, comme Posidonius ou Artémidore d'Éphèse, et, parlant de la Narbonnaise, colonisée par César et Auguste depuis plus d'une génération, évite le plus souvent de faire allusion à ces colonies (voyez en particulier IV, 1, 6). Tous les géographes de l'Empire romain ont fait surtout de l'archaïsme et du rétrospectif (bien mis en lumière par Dubois, Examen de la Géographie de Strabon, IS'JI, p. 380).

DIFFICULTÉS DES ÉTLDFS (JALLO-ROMAINES. 7

de la névolulion '. Par malheur, il ne nous en est rien resté. pas même d'infimes lambeaux.

Il ne nous est pas davantage resté un seul document officiel, recensement - ou statistique \ enquête ou discussion publique ^ Et, pour connaître la cbose delà vie la plus importante et la plus difficile à connaître, la pensée des hommes, nous n'avons que des inscriptions ° et des monuments*^ : ce qui revient à dire que nous ne possédons sur la Gaule de l'époque romaine qu'une science de façade.

Car l'inscription, dédicace ou épitaphe, nous livre surtout des formules et des noms, c'est-à-dire le geste ou la parole consa-

1. En particulier les voyages d'Arthur Young, Voyages en Fnr^c-. éd. Lusagn, 1800; voyez le parti qu'en a tiré de Tocqueville. L'Ancien ncyiine et la néooluliun.

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