‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 60 sur 415 · Tac, Hist., I, 66 {Lucus... municipium · texte numérisé non relu

Tac, Hist., I, 66 {Lucus... municipium

3. Dans la même catégorie : Entrains, Intaranam [inter amnes'?, ou, plutôt, nom d'un dieu Intaranus, a rapprocher du dieu Inlarabus], lieu où les Anciens avaient accumulé, disait-on, miiltorain nefarioruin portenta {Acla Sanctorain, Vita s. Peregrini, 16 mai, 111, p. 360, n. éd.), au milieu du pays d'Auxerre; Fanuin Marlis en Armorique, devenu Corseul, chef-lieu des Goriosolites (Itin. Ant., p. 387); Tulela. qui paraît être l'étymologie de Tulle; etc. Rappelons que parmi les grandes métropoles, Arras, Neinetacam (primitivement Nemetocenna, cf. t. II, p. 242, n. 2), Clermont (Augustonenictuni), Metz {Divoduram = « vicus sanctus »), ont une origine religieuse.

4. Cf. t. IV, p. 33, 73 et s., t. II, p. 243. Fréjus, Forum Julii; Angers, JuUomagus (qui signifie la même chose); Beauvais, Cœsaromagas; Feurs, Forum Segusiavorum; Senlis, Augustomagus; Rouen, Ratumagus. Sur les bords du Rhin : Brocomagus, Brumath, métropole des Triboques; Borbitomagus, Worms, des Vangions; Novioiimgus (= " forum novum »), Spire, des Némètes; Novlomngus, Nimègue, chez les Bataves. Je ne parle pas des moindres /ora; voyez la liste des noms en magus chez Holder, II, c. .384-5.

Il n'est point rare, dans la France actuelle, de rencontrer, pour ainsi dire à Timproviste, en des pays sauvages ou déserts d'énormes et étranges agglomérations de ruines, arènes ou théâtres, thermes et temples, par exemple à Ghamplieu à l'entrée de la forêt de Compiègne, à Herbord près de Sanxay dans les bois qui séparent le Haut et le Bas Poitou' : ce sont les vestiges d'anciens lieux de marché et de pèlerinage, datant de l'époque gauloise, et qui ont pu tenter, sous l'empire de Rome, de devenir des cités éternelles. Mais les malheurs du troisième siècle ou de mauvaises conditions géographiques ont enrayé leurs destinées.

Quelques villes, enfin, ont pris naissance dans les camps romains, ou, plutôt, à côté d'eux, constituées d'abord par les boutiques et les tavernes qui s'entassaient aux approches ou au contact des lieux de garnison'. Celle de ces villes militaires qui se mêla le plus vite et le plus complètement au mouvement général delà vie gauloise, Strasbourg ou Argentorate^, ne fut à l'origine qu'un misérable hameau celtique, simple relais de route à un lieu de passage sur le Rhin : mais elle reçut sous Auguste un camp et des légionnaires, des marchands les suivirent en nombre, et Strasbourg commença dans l'histoire sa carrière municipale*.

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