‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 71 sur 415 · Cf. p · texte numérisé non relu

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4. On pourrait citer bien d'autres exemples : à Metz, la rue principale était la Grande rue de la Porte Serpenoise, qui continuait la fameuse route de Trêves à Langres (p. 88); à Besancon, la Grande-Rue actuelle est certainement la vieille piste gauloise suivie par César, sur la route de Langres en Italie (p. 80, n. ij); il n'est pas jusqu'à Marseille où les deux rues principales, d'un côté rue Caisserie et Grand'Rue [dans sa partie ancienne, carreria Recta, etc.], de l'autre rue de l'EvécIié [carreria liecla Fraitcigena], devaient continuer les chemins, celle-ci de Gaule (Aix) et celles-là d'Italie; à Autun, p. 53, n. 1. Je crois que même dans les villes neuves ces grands chemins ont été conservés, soit qu'ils deviennent les artères principales (à Autun, p. 32, n. 1, p. 53, n. 1 ; la Saarslrasse, etc., à Trêves), soit qu'ils traversent par des lignes obliques le damier des rues neuves (à Trêves» la rue qui menait du pont à la Porte Noire, Brùckenstrasse, Fleischslrasse, Simconstrasse : je reconnais d'ailleurs que mon hypothèse, de l'existence ancienne de cette ligne, est contraire à l'opinion et aux restitutions courantes, n. 5).

5. Cf., sur'toutes ces questions, Ilaverfield, Ancicnt Town-planning, 1913. — Je crois cependant que les plans des cités coloniales ou neuves n'étaient pas aussi réguliers (direction et façade de rues) que l'indiquent les restitutions modernes, par exemple celle de Trêves faite par Graeven, si souvent reproduite {Die Dcnkmalpjlege, VI, Berlin, n" 16, 14 déc. 1904), d'après le réseau de la canalisation souterraine. S'il en était ainsi, je ne comprendrai pas pourquoi le réseau en forme de damier, si bien conservé par exemple à Turin, l'est beaucoup moins dans nos villes coloniales, Arles, Nîmes, Trêves, qui furent toujours habitées, lit le Moyen Age était essentiellement conservateur en matière de rues : exproprier, aligner et

de ces villes étaient des colonies, construites sur le modèle des camps romains, en rues parallèles se coupant à angles droits. Fresque toutes les autres étaient, en tout ou en partie, des cités neuves, bâties, rebâties ou complétées à la romaine, suivant le type du damier classique : rien n'y ressemblait au fouillis et aux lignes désordonnées de Bibracte ^ Aujourd'hui encore, en étudiant les vieilles « cités » de France, c'est-à-dire la partie centrale et primitive de nos grandes communes médiévales, par exemple l'île de la Cité à Paris ou le Bordeaux d'entre la Cathédrale et l'Intendance, on sera frappé de la symétrie que présentent ces antiques, étroites et petites rues, maintenant tristes et vides, si longtemps remplies de vie et Je bruit par nos ancêtres des temps romains et du Moyen Age : elles sont, certes, irrégulières dans leurs façades, mais elles ne le sont pas dans leur direction-.

percer sont choses modernes. Les empiélemenls ont porté sur les trottoirs (p. 53, n. 2) et les façades, et ,ne pouvaient changer la direction de la voie; remarquez la persistance des voies antiques à Fourvières (t. VI, ch. VU). .le pense donc que la symétrie des plans coloniaux devait souvent s'accommoder de venelles antérieures. Cf. p. 51. n. 4.

1. A Autun : voyez le plan et le texte de Harold de Fontenay, p. 49 et s., d'après les constatations de Roidot-Déléage; de Fontenay, p. 51 : « TAutun romain était traversé dans toute son étendue par une voie en droite ligne [ici, p. 53, n. 1]. Deux autres voies principales s'embranchaient perpendiculairement à la grande voie.... C'est parallèlement à ces trois rues que se ramifiaient toutes les autres voies..., traçant ainsi ce vaste éciiiquier » ; cf. ici, p. o4, n. 5. A Paris (pour la rive gauche), de Paclitère, plan 1 et p. 50, daprès les constatations de Vacquer.

2. La description qu'Ausone fait de Bordeaux {[ rbes, 142-4i est celle d'une ville à damier, aux rues parallèles se coupant à angles droits, comme celles des colonies : Dislinctas vias, dispositum domoram, respondentes directa in compila portas. \\ est bien vrai qu'il s'agit de la ville fortifiée d'après 300 (cf. t. IV, p. 594-5); mais il est impossible de croire que Bordeaux et les autres villes des Gaules aient été si complètement détruites au m" siècle (t. IV, p. 598 et s.), qu'on les ait rebâties tout entières sur plan nouveau. On a dû conserver le réseau des rues primitives en utilisant pour les remparts certaines lignes existantes. — Cette remarque peut s'appliquer à bien des villes; elle ressort en dernier lieu des recherches faites à Beauvais (Leblond, Bull, arch., 1915, p. 7 et 10). — Je remarque, dans la plupart des villes gallo-romaines, le dispositif de deux lignes parallèles formées par deux grandes voies : l'une (par exemple rue Saint-Jacques à Paris. Grande rue de la Porte Serpenoise à .Metz), plus large, plus importante, d'ordinaire une grande route (p. 51, n. 4); l'autre (via Inferior à Paris, p. 33, n. 3, rue des Clercs à Metz), tracée parallèlement et sans doute postérieurement à la première. Voyez de môme à Autun, ici, n. 1. Je pourrais en citer bien d'autres exemples. Il y a là sans doute une réminiscence des deux lignes parallèles du camp romain perpendiculaires à l'axe principal, via principalis et via quintana. — Je crois à

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