‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 72 sur 415 · UEMPARTS, PLACES, HUES, AQUEDUCS, ÉGOUTS · texte numérisé non relu

UEMPARTS, PLACES, HUES, AQUEDUCS, ÉGOUTS

Comme largeur, le Moyen Age les a conservées souvent telles quelles après les avoir reçues de FAnliquité latine. Dans quelques grandes villes neuves où l'espace n'était point ménagé, à Autun par exemple, les artères principales pouvaient atteindre seize mètres, cinquante pieds, dont la moitié seulement, huit mètres, formait chaussée \ le reste étant pris par deux trottoirs -. Mais dans les villes anciennes, où la tradition et les occupants laissaient moins de liberté aux travaux de la voirie nouvelle, les rues importantes ne devaient pas dépasser neuf mètres ou trente pieds, ce qui faisait, s'il y avait trottoir, cinq mètres seulement pour la voie charretière : tel était le cas de la rue centrale, à Paris la rue Saint Jacques % à Bordeaux la rue Sainte-Catherine*,

l'oricntalion iniliale de ces villes et de leurs rues, du moins lorsque nous avons allaire à un syslème régulier. Mais je ne saurais dire si celle orientation est le fait de prêtres indigènes ou d'arpenleurs romains. Pais, pour résoudre celle question autrement que par une impression, il faudrait connaître: 1" le syslème adopté, soit le syslème classique des Romains, la direction indiquée par le soleil à son lever, soit le système archaïque, celle du soleil à son coucher (cf. Hygin, Grom. vet., p. 1G6-170); 2" le jour de l'année auquel les lignes ont été tracées. Retrouve^ le jour de la fondation d'une ville gauloise d'après celui oii le soleil se lève ou se couche dans l'axe du decimanus est fort tentant : mais trop d'éléments nous manquent pour constituer des hypothèses plausibles. A litre de renseignement, j'indique qu'à l'aris, d'après les mesures prises par iJigourdan, l'axe de Notre-Dame, qui doit représenter la direction de la ligne principale ou du decimanus de Lutèce, correspond, comme lever du soleil, aux G février cl G novembre, comme coucher, aux 1" mai et 12 août : je ne puis rapprocher d'ailleurs ces dates d'aucun souvenir ancien, d'aucune fête du calendrier chrétien (qui serait une survivance de fête païenne). Cf. Barlhel sur l'orientation de Timgad, Donner Jahrb., CXX, 191 1, p. 110-1. — 11 est d'ailleurs certain qu'on célébrait le dies nalalis de ces villes neuves (Trêves, Pan., VII, 22).

1. Harold de Fonlenay, p. 52 (la rue qui unisgail la porte d'Arroux à la poite de Rome, et qui correspond à la grande voie de Lyon) et 58. Cette largeur rappelle celle, de 50 pieds, des chemins ordinaires des camps romains.

2. Id. — A Besancon, dans la grande rue romaine, on parle de trottoirs élevés de 0 m. 18 au-dessus de la voie, form.és de dalles de moyenne grandeur (Castun, Besançon cl ses environs, 2" éd., 1901, p. 81). — En ce qui concerne ce qu'on regarde comme des trottoirs, je me suii demandé si ce ne sont pas souvent des soubassements de portiques ou de boutiques, ce qui explique leur disparition, au Moyen Age, nu profit des liabilanls riverains (ici, n. 4).

3. De l'achtêre, p. 47. La via Infcrior, qui lui est par;illè!e (rue de la Harpe, boulevard Saint-Michel), n'a que 7 à 8 mètres, 20 à 25 pieds {id., p. 48). — Les archéologues de Trêves évaluent à 10 mètres la largeur des rues.

4. La largeur de la rue Sainte-Catherine au xviii" siècle (Arch. municipales de Bordeaux, n''3341, communication de P. Courleault; c'est l'ancienne Mugpa rua de Porta Medidca, « grande rue de la porte Médoc ») variait entre 12 et 20 pieds

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à xMarseille la rue Caisserie'. Les petites rues transversales atteignaient à peine la moitié de ces chiffres, beaucoup n'arrivaient guère qu'à trois ou même deux mètres, dix pieds et, moins encore, et n'étaient alors que de longs boyaux-, analogues à la rue Visconti dans le quartier parisien des Beaux-Arts \ Dans celles-ci, on était fort" à l'étroit, et dans les plus larges, piétons sur les trottoirs et colliers sur les chaussées circulaient assez mal à l'aise*. Mais l'Antiquité n'eut point l'idée", pour ces villes,

[du roi], c'est-à-dire que sa largeur moyenne, de 4 à 6m. 50, correspondait à la chaussée d'une voie romaine. Les riverains du Moyen Age ont dû empiéter sur les trottoirs et ne laisser que la voie charretière.

1. La rue Caisserie à Marseille, qui est certainement une rue principale (p. 51. n. 4), atteint à peine aujourd'hui 3 m. 20. 10 pieds, dans sa partie la plus étroite (mesures de Clerc). Je crois d'ailleurs que Marseille était la ville qui avait dès lors la voirie la plus étroite, et cela remontait à l'époque grecque. — A Lyon, où l'espace était aussi assez restreint (cf. p. 35, n. G), la chaussée du Gourguillon, une des principales, avait 8 mètres, dont 4 pour les trottoirs (Allmer et Dissard, H, p. 289).

2. La rue du Mulets à Bordeaux, qui rappelle une de ces rues, a 3 m. 30 (P. Courteault). L'extrême étroitesse des plus anciennes rues de la Cité de Paris doit remonter à IWntiquité : « Une seule atteint 5 m. lU, les autres ont généralement 3 mètres [10 pieds]. La voie de la rue de la Vieille-Draperie n'a que 2 m. 95, celle de la rue aux Fèves 1 m. 50 [5 pieds] »; de Pachtère, p. 157. A Bouta', on a reconnu une voie de 2 mètres [6 pieds], bordée d'hahitations.

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