‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 73 sur 415 · Largeur minima actuelle, 3 m · texte numérisé non relu

Largeur minima actuelle, 3 m

4. L'écartement des roues d'un véhicule romain est é\aluée. d'après les ornières de Pompéi. à 1 m. 35; et cf. p. 109, n. 1.

5. Sauf exceptions. — Parmi les rues anti(]ues. les plus larges et les plus importantes, celles qui menaient aux portes (p. 52, n. 2 et 1) portaient le nom de plalcx (C. I. L., XIII, 72GI. 7203-7, 7335-7) : elles correspondaient en principe à la via principalis des camps romains, et sans doute aux deux autres, quiiitana et decimanus. — 11 semble que. dans l'ensemble, ces différentes, catégories de rues fussent conformes aux mesures données par les Gromalici pour les limiles des terrains coloniaux d'après les règlements d'Auguste : decimanus maximus. 40 [)ieds. cardo mr.ximus. 20. liiniles actuarii. 12, subruncivi, 8 (Grom. vet.. p. 194). Vitruve (I, 7, 1) ne distingue qu'entre plaleœ et angiporla. — La structure interne des rues ne durerait pas de celle des voies (p. 108 et s.): seulement, la surface en fut d'ordinaire pavée, peut-être seulement à une époque tardive (à Autun, seulement la plus grande rue; d'autres à Lyon) : à Autun. ce sont d'énormes blocs de granit de 0 m. 50 d'épaisseur, et ayant jusqu'à 0 m. 9t) et 1 m. 40 de dimensions moyennes (de Fontenay. p. 55): dans la grande rue de Besangon, les pavés sont d'énormes pierres de taille ayant 0 m. 70 à 0 m. 80 de large, 2 mètres de long, 0 m. 35 à 0 m. 40 d'épaisseur (Castan, Bes. et ses environs, 2'' éd., 1901, p. SI); les pavés en grès de la rue Saint-Jacques, à Paris, pèsent de 488 à 1700 kil. (s'ils sont romains, ils doivent dater d'assez basse époqueh Ch. Magne, Les Voies romaines de l'antique Lutèce. p. 15, extr. du Bull, de la Montai/ne Sainte-Geneviève, IL 1897-8; de Pachtère. p. 47.

REMPARTS, PLACES, RUES, AQUEDUCS, ÉGOUTS. Sn

de grandes voies larges, ensoleillées, plantées d'arbres et pleines de lumière : idée qui s'est fait jour seulement dans l'Europe chrétienne, et du reste avec une extrême lenteur'.

Les carrefours- et les places n'avaient pas non plus une très grande étendue. Toutes les cités de l'Empire ont ignoré, à l'intérieur de leur enceinte, ces immenses espaces découverts où un peuple entier peut s'attrouper dans un jour de révolte ou s'attabler dans un jour de fête, tels que les grandes places des villes flamandes au Moyen Age ou les prodigieuses esplanades que les derniers intendants ont tracées dans nos capitales françaises ^ Elles n'ont point davantage connu les belles promenades ou les gracieux jardins publics que la royauté des Bourbons a créés pour le plaisir de nos ancêtres et pour notre propre joie^. S'il y avait quelque chose de ce genre dans des villes gallo-romaines, c'était, en dehors de l'agglomération même, la large surface nue et découverte qu'on appelait « le pré », « la plaine » « le champ de Mars », et qui servait aux exercices militaires ou aux foires à bestiaux^ : et cela rappelait la Rome des consuls.

1. Pas avant le xvi" siècle (Poêle). Encore au xviii" siècle, 20 mèlres- étaient pour une rue un maximum très rarement atteint, et on restait souvent bien en deçà : « on distingue dans Paris trois sortes de rues, les grandes, les moyennes et les petites; les grandes rues ont communément depuis 7 jusqu'à 10 toises », et " 1 y en a de 6 pieds de large » ; Continuation du Traité de la Police de Delamare, IV, 1738, p. 10. Pour les plantations, M. Poète m'informe que la plus ancienne à Paris est celle du quai des Ormesou des Céleslins en 1370 (cf. Sauvai, I, p. 246).

2. Compila, cf. p. 52, n. 2. Qiiadriwiœ à Strasbourg, ,\11I, 5971. Etc.

3. Voyez par exemple la place des Quinconces à Bordeaux, projetée par les intendants, la place de la Concorde à Paris, etc. — Remanjuons, à titre de comparaison, que, dans la voirie urbaine de l'ancienne Monarchie, on distinguait : 1° -• les places propres au commerce • ; 2" « celles qui sont consacrées par l'usage à la publication des loix », « au-devant des églises, des palais »; 3° les « places Royales », ainsi nommées " à cause de la dignité de leurs objets », destinées à l'ornement des villes et à la statue du prince; Continuation du Traité de la Police, 1738, p. 390.

4. S'il y a des jardins, c'est comme dépendance de monuments, en particulier de palais (à Lyon?), de thermes (sans doute le xystui donné par Auguste à Nîmes, XII, 31.^0), de villas ou de tombes (Xll, 12Û'J, viridariuni; cf. p. 77). Il devait y avoir aussi des bosquets sacrés dans les villes, mais se ramenant à quelques arbres, et aussi des arbres aux abords de certains temples (signum inler duos arbores pour Sylvain à Lyon, XIII, 1780; templum cum arboribus aux Maires, XIII, 8638).

5. Campus exlra urbem, Vitruve, I, 7, 1; campus pecuarius, C. I. L., XII, 2462;

'66 (;i{OLiPP]MENTS HUMAINS ET LIEUX BATIS.

A l'intérieur même de lu ville, le lieu des réunions populaires, des plaisirs communs et, s'il le fallait, des clameurs et des émeutes, on l'avait dans l'amphithéâtre, avec ses places innombrables, ses g-radins en courbes et en étages, d'où chacun peut dominer la foule et un seul parler à tous : voilà, pour un Ilon)ain de l'Empire, la place publique par excellence*.

Les places proprement dites, fora-, sont peu de chose, à peine plus que le carrefour élargi des rues importantes, que le parvis nécessaire des édifices publics. Chaque ville possédait son forum principal ^ qu'ornaient des autels^ et des sta-

caiiijiiii il l'aris (Ammien, XX, 5, 1; les Cliampeaux aux Halles actuelles?); voyez Du Cange au mol Campus MarLius. On retrouve le <■ champ de Mars », à l'aide des textes médiévaux, dans quelques villes françaises, à Marseille (la Plaine Saina- Micliel; Cartulaire de Saint-Victor, I, p. 5(1, 03), à Besançon (Chamars; Caslan, Le Champ de Mars de l'csoiitio, dans les Méiii. de la Soc. d'ÉmuL, IV, V, 1869), à Aulun (" le pré Chammarl-, en dehors de la ville, dans le voisinage du « temple de Janus >•). — L'expression de prata se retrouve dans nombre de villes médiévales avec « les prés ■>, ou « le pré ». — Voyez aussi l'expression de « plan » et « plaine » au Moyen Age. — Forum nundinarium (IMine, VIII, 208, marché aux bestiaux; cf. G. /. L.. XII, 24G2). — Je ne parle pas ici des campi de gymnastique ou do promenade attenant aux thermes (XU, 2493-4) ou aux temples (XIU, 31U7), des gymnases ou stades isolés (XUI, oOi2; to o-riotov^'?] à .Marseille, Iiiscr. Gr.ItaL, 24GG; le gymnase d'Orange ^le prétendu ciniue] reconstitué par Formigé).

1. ilemarquez que les distributions populaires avaient lieu parfois dans les amphithéâtres, per gradus (G. I. /.., VI, 290'Jl). L'amphithéâtre, dans les cités murées du i" siècle, est d'ordinaire à rinlé.icur de l'enceiule (Autun, Nîmes, Fréjus. .\rles, etc.).

2. Itemarquez l'extrême petitesse des places dans les « cités » médiévales, qui représentent les portions centrales des villes gallo-romaines (p. 52). Dans la description de Bordeaux par Ausone (i'rbes, 143; Epist., 10, 22), platea a, je crois, non plus le sens de vicus ou grande rue, mais de place : c'est du reste pure exagération s'il en admire la largeur, je n'arrive pas â en trouver trace dans le Bordeaux du .Moyen Age.

3. Le forum est proxime porlum dans les villes maritimes, et je pense aussi dans les ports fluviaux, in oppido medio dans les autres cas (Vitruve, I, 7, 1). Le forum de Marseille est sans doute à la place de Lenche {forum superius, Acta de saint Victor, 21 juillet, Coll., anc. éd., V, p. 147); mais peut-être y avait-il aussi un forum « d'en bas », plus près du port : à la place Vivaux? Celui d'.Autun est au Marchaux (de Fonlenay, p. 117j. Le forum de Lyon était à Fourvières; mais je pense qu'il y en avait d'autres, si du moins l'expression de forum l'c/us est ancienne, venerabile opus quod a iempore Trajani impcratoris Forum Velus appellabatur, dit, à propos de sa destruction en 840, une vieille chronique (dom Bouquet, VII, p. 246; on trouve aussi Forum ]'eneris. id., \l. p. 242). — Le forum de Boussillon, en tant que place disponible, mesurait 1.500 mètres carrés (Thiers o/). .\ragon. Les Vestiges de Ruscino, 1910, p. 40).

4. A Arles, XII, 5803; à Narbonnc. XII, 4333 (autel d'Auguste).

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