REMPARTS, PLACES, RUES, AQUEDUCS, ÉGOUTS
lues', que bordaient quelques édifices publics, que dominait le temple de la divinité souveraine : c'était là sans doute que se tenait le marché ordinaire et que se célébraient les cérémonies solennelles -. Les plus grandes villes avaient aussi, à la manière de Rome, des places secondaires, réservées à des marchés particuliers, par exemple à Cologne le « marché à l'orge » ou aux grains, forum hordlarium'^. Dans les ports fluviaux ou maritimes, les berges ou les grèves servaient de lieux d'entrepôt aux marchandises les plus encombrantes, bois de construction, barriques de vin, pierres à bâtira
Places et rues formaient les membres visibles de la cité. Au-dessous, en dedans, les Romains avaient établi un système méthodique de canaux et de conduites pour amener l'eau pure dans les maisons et les lieux publics et pour en emmener les matières usées. x\queducs et égouts% c'està-dire un double réseau de voies invisibles et souterraines, convergentes et divergentes, chargées d'alimenter'^ et de puri-
1. A Roussillon on a trouvé, sur Templacemeut du forum, une quarantaine de piédestaux do statues. Sur ces statues, cf. t. VI, ch. III.
2. Par exemple, à Narbonne, devant l'autel d'Auguste, les cérémonies du culte impérial (p. 56, n. 4); Eumène, à Autun, prononce son discours in foro {Pro rest. sch., i).
3. C. I. L., XIIl, 10015, 108 (la présence de l'orge doit s'expli(iuer par l'importance de la fabrication de la bière). — Maccllum (à Cé^iers. XII, 424S; à Narbonne, 4429-30; à Marseille, MacMun Anliqdim [vers l'IIùtel-Dieu] dans les textes du -Moyen Age; etc.) désigne un marcbé spécial (pour la viande, le poisson et les denrées alimentaires?), le plus souvent avec bancs, étaux et couverts. C'est peutêtre le cas, à Paris, de l'édilice de la rue SoufOot (de Pachtére, plan 3 et p. 01 et s.).
4. Les canabx à Lyon, où se tiennent les marcbands de vin (cf. t. VI, ch. Vil); de même, peut-être, à Marseille, p. 49, n. G.
5. En général, le livre de Blancliet, cité p. 28, n. 7, et, plus particulièrement, la bonne monograpbie de Germain de .\lontauzan, Les Aqueducs antiques de Lyon, 19 Jî).
6. La répartition de l'eau dans la ville se faisait à l'aide d'un château d'eau, castelluni divisoriuin; on connaît surtout celui de Nîmes, à la rue de la Lampèze {Dict. des Ant., I, p. 938-9; de Montauzan, p. 310 et s.; travail de Stiibinger sur les aqueducs de Nîmes et d'Arles dans la ZeilschrifL fiir Geschichle dcr Archilektur. Beiheft 3, 190'.), p. 276); à signaler aussi le château d'eau de Besancon, en partie visible dans un souterrain du square Archéologique. La question est de savoir jusqu'où les eaux étaient envoyées dans l'intérieur des maisons. — En principe, l'aqueduc doit donner lieu à trois canalisations différentes, l'une pour les fontaines et réservoirs {lacus et salienles), l'autre pour les bains publics, la troisième in domos privatas; Vitruve, VIII, C. 2. — Il devait y avoir des fontaines njonu-
58 GUnrPEMENTS HUMAINS KT LIEUX BATIS.
fier' d'elles-iiiômes toutes les demeures d'une cité : voilà en quoi la ville romaine a le plus innové sur la bourgade du passé, en quoi elle a préparé la ville de l'avenir. Les Gaulois se contentaient des moyens naturels pour assainir leurs maisons et leurs rues : ils allaient chercher l'eau aux puits et aux sources les plus proches, et les bras des manœuvres emportaient les immondices ^ Avec Rome, voici un élément de plus dans l'organisme déjà si compliqué d'une grande ville : la science fait pénétrer de force dans tous ses membres, par une sage capta tion de la nature physique, un double principe de vie et do propreté.