‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 76 sur 415 · NOMS, VIE ET ASPECT DES RUES · texte numérisé non relu

NOMS, VIE ET ASPECT DES RUES

allure plus régulière, plus définie. Les professions y sont, je crois, groupées par grandes rues'; et ces noms que nous lisons dans l'histoire de tant de cités médiévales, rues des Forgerons, des Tanneurs, des Argentiers, doivent avoir presque toujours une origine gallo-romaine.

Car toute place, tout quartier, toute grande rue, possède son nom propre, tiré de quelque détail de sa vie, de sa situation ou de son aspect, des gens de métier qui l'habitent, d'une demeure célèbre-, de son temple le plus fréquenté \ Emprunter le nom d'une rue à un fait général et lointain, survenu en dehors de son existence, à un grand homme du passé ou à une bataille de l'Empire, les générations de l'Antiquité et du Moyen Age n'auraient point compris une pensée de ce genre* : les voies n'étaient point faites pour honorer des morts ou fixer des souvenirs; elles n'appartenaient qu'aux êtres qui y vivaient, aux édifices qui s'y voyaient. Si telle rue de Metz s'appelle rue de l'Honneur et telle autre rue de la Paix% c'est qu'elles possèdent des sanctuaires ou des images consacrés à ces deux divinités ^

C'est que la rue et le quartier ont leurs dieux ' et leurs chefs ^

1. Voyez à Nantes les travailleurs du port, vicani Porteuses (du vicus Portus), lesquels forment une communauté religieuse et juridiiiue (XIII, 31Ù5-T). Quartier des potiers à Cologne, p. 285, n. 8.

2. C. /. L., XIII, 8254 (Cologne) : chapelle élevée à un dieu par les possessores ex vico Lucretio scamno primo [premier îlot]: XIII. 7270 (Kastel) : monument religieux élevé par deux Meionii, vico noi^o Melonioruin: ce sont sans doute des propriétaires ayant donné leur nom à la rue.

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