NOMS, VIE ET ASPECT DES RUES
du ^rand édifice n'a point gagné les contours de la rue ou de la place publique : caprice et désordre régnent sur leurs lignes '. Beaucoup de ces bourgades étaient bâties à flanc de coteau, et repoussaient les arrangements méthodiques des vastes surfaces plainières. Représentons-nous les rudes montées vers le sommet de Fourvières comme assez semblables à celles de notre Marseille des Accoules, avec des ruisseaux en cascade, des escaliers imprévus-, des raidillons glissants où s'abattent les attelages ^ Les grandes maisons étaient sans doute assez rares, on s'entassait en surface plutôt qu'en hauteur, les échoppes dominaient pour les pauvres, et, pour les riches, les hôtels profonds sans élévation, aux vastes cours intérieures ^ La bâtisse maîtresse, celle qui dominait une place ou une rue, ce n'était pas l'énorme demeure banale des particuliers, mais l'édifice public, temple ou basilique ^ Toutes les maisons privées, même les plus riches, étalées sur terre plutôt que dressées vers le ciel, semblaient s'effacer et se confondre autour des hautes el fières constructions destinées aux dieux et aux magistrats, telles qu'au Moyen Age les humbles bicoques du commun peuple, tassées au pied des cathédrales ^
Il est même probable qu'une ville gauloise était plus barbare d'aspect que celle de Timgad, bâtie de toutes pièces sur un
1. Toutefois, il ne faudrait pas croire à l'absence de règlements en ce qui concerne les façades ou la nature des bâtisses. On veillait à ce que le caractère d'une rue ne put être foncièrement modifié (non eamdcni facicm in cioitatc restituerc, C. J., VIII, 10, 3); cf. Iloudoy, Droit municipal, p. 390 et 438. Le fameux règlement de Léon et Zenon (C. J., YIII, 10, 12) doit s'inspirer de quantité de coutumes qui ont certainement été appliquées en Gaule.
2. Cf. peut-être XII, 1753 {grada, à Valence : on a aussi songé à des gradins de théâtre, Bull, de la Soc. d'Arcli. de la Drame, 1910, p. 21)5).
3. A Autun, la pente de la rue vers la porte Sainl-André est de 0 m. IIG par mètre (plus de 10 0^0;; de Fonlenay, p. 58. A Lyon, Germain de AJoutauzan « évalue à 12 0,0 au minimum les pentes nécessaires pour !a colline de Fourvières ■■.