‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 109 sur 473 · DU DÉPLACEMENT DES TROUPES · texte numérisé non relu

DU DÉPLACEMENT DES TROUPES

vigueur, compact et homogène, riche au dedans en soldats dociles et en citoyens patriotes, et tranquille du côté de ses ennemis. Mais ce qui était sagesse au temps de Vespasien ' était sottise au temps de Théodose. Menacé sur toutes les frontièrespar les Barbares du dehors, tiraillé sur tout le territoire par les Barbares au service, l'Empire ne durerait qu'à la condition d'attacher chaque province à son armée et chaque armée à sa province. Qu'allaient faire les Francs Saliens en Orient2, où rien ne les intéresserait à la garde ou à la bataille, tandis que dans la Gaule ils avaient à protéger une famille, des terres et leur liberté3? Quelle sympathie pouvaient inspirer aux Gaulois ces Maures ou ces Dalmates '* dont ils ne comprenaient ni la langue étrange ni les allures diaboliques, alors que les Francs de la Meuse étaient pour eux depuis un siècle des compagnons d'armes et de dangers?

Théodose et ceux qui l'ont imité n'ont pas vu qu'ils allaient à l'encontre d'une force invincible. Ce qu'ils n'ont pas voulu accepter, l'avenir l'imposera à leurs débiles héritiers, mais cesera au détriment de l'Empire, quoique au profit de la Gaule. Ces déplacements de soldats finirent par coûter très cher. Dans un Etat à demi désorganisé, les voyages de ces troupes étaient d'une durée désespérante, pendant laquelle elles ne rendaient aucun service de leur métier. La plupart des hommesétaient mariés et pères de famille : on leur permettait bien, parfois, de se faire accompagner de leurs femmes et de leurs enfants, mais c'étaient alors, pour la poste qui se chargeait du transport, des embarras et des frais infinis5. Et si on les obligeait à partir seuls, en soldats, c'était en eux un désastre

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