‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 110 sur 473 · Cf. t. VII, p. 222, n. 4, ici, p. 56, n · texte numérisé non relu

Cf. t. VII, p. 222, n. 4, ici, p. 56, n

intime, pire que les dangers du champ de bataille '. Le jour viendra où l'État ne sera plus assez fort pour imposer sa volonté, et où il devra laisser les soldats de la Gaule à la garde du pays et de leurs propres foyers 2.

Il arrivera même que, pour éviter de nouveaux va-et-vient, des regroupements difficiles ou onéreux, on abandonnera à tout jamais dans leurs garnisons originelles les Maures de l'Armorique ou les Dalmates de la Flandre3. A mesure que des vides se produisaient dans ces corps d'étrangers, on les comblait sur place, à l'aide de recrues indigènes ; et on vit par exemple un Bordelais servir dans la troupe au nom germanique des Mattiaques du Nassau4. Ces vocables ethniques ne correspondirent plus à des réalités d'effectifs; et j'imagine que si l'on conserva la garnison des Dalmates d'Avranches, elle ne fut bientôt plus qu'une milice provinciale5, où les hommes du pays se mêlaient aux petits-fils des anciens soldats venus d'Illyrie, les uns et les autres également issus de la terre gauloise6. Entre cette terre et son armée la solidarité se faisait chaque jour plus grande7.

1. Caritates nostrx Alamannîs denuo servient; Ammien, XX, 4, 10.

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