LES GARNISONS DU RHIN
autour de lui des garnisons à tous les lieux de passage, depuis Seltz jusqu'à Andernach1. Mais peut-être ne faut-il voir dans cette armée et ces forteresses qu'une tradition du temps passé, lorsque Mayence était lu capitale militaire de la Germanie romaine2 : car, à l'heure actuelle, c'est le secteur de la frontière qui est le moins menacé, et l'arrière-pays gaulois, avec ses montagnes et ses forêts, est le moins convoité des Barbares et le plus facile à défendre3.
Plus au nord encore, autour de Cologne, de Xanten ou de Nimègue, je ne sais absolument pas où étaient les troupes de la frontière4. Un duc résidait à Cologne5, mais sans doute
de Constance Chlore (Corp., XIII, 3672). Mais la Notitia ne le mentionne pas. Sur le dux Belgicœ Secundœ, cf. p. 25, n. 3, et plus loin, p. 107.
1. Chaque troupe sous un prœfectus. — 1° A Seltz, Saletio, les milites Pacenses : ce doit être, en tout ou partie, une ancienne cohors Flavia Paris. — 2" A Rheinzabern, Tabernx, les milites Menapii, sans doute différents de ]la legio comitatensis de ce nom (p. 10.1, n. 2), et vestige d'une ancienne cohorte de Ménapes (Corp. inscr., XIII, I, n° 3033; II, p. 164 et 302). — 3° A Viens Julius (Germersheim?), les milites Anderetiani, un des corps les plus mystérieux de l'Occident (c'est une legio pseudocomitatensis, 7, 100; ici, p. 97, n. 1), sans doute venu de la localité de Bretagne Anderidos (cf. p. 109, n. 9). — 4" A Spire, Nemetes, les milites Vindices, sans dotilc ancienne cohorte, plutôt que légion, à l'épithète de Vindex. — 5° A Altripp (cf. t. VII, p. 243, n. 3), Alta Ripa, les milites M artenses, ancienne cohorte surnommée Martis ou Martin, distincte ou démembrée de celle d'Armorique (p. 108, n. 6). — 6° A Worms, Vangiones, les milites Secundœ Flaviœ, distincts ou démembrés de celle de l'Afrique (7, 147; 5, 250); il y eut là aussi un numerus Katafractariorum (Corp., XIII, 6238). — 7° A Mayence-, les milites Armigeri, distincts ou détachés de la legio comitatensis de Gaule (cf. p. 101, n. 2). — 8° A Bingen, Bingium, les milites Bingcnses, dont l'appellation spécifique a pu être Defensorcs juniores (cf. 7, 98), sans doute legio pseudocomitatensis. — 9° A Boppard, Baudobriga, les milites Balistarii (cf. 7, 97), sans doute legio pseudocomitatensis. — 10° A Cohlenlz, Conjluentes, les milites Defensores (seniores; cf. 7, 93; 5, 267), legio pseudocomitatensis. — 11" A Andernach, Antunnacum. la legio pseudocomitatensis [?] des Acincenses (cf. p. 94, n. 2).