‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 159 sur 473 · et. p. 184, n · texte numérisé non relu

et. p. 184, n

6. Je crois Ires vraisemblable l'hypothèse qui rattache aux Paulins le nom de Puy-Paulin. podium Pauliai dans les anciens documents, partie haute el, pour ainsi dire 'i;c du \ieux Bordeaux. Le nom doit venir, (]\i reste, non pas peut-être de Paulin l'évéque, mais de son père ou de son aieul, le fondateur de llourg (p. 128, n. 3, p. 131, n. 6). Peut-être ce dernier a-t-il bâti la. pour son compte, une demeure AU voisinage de- remparts, un véritable pr.-rlorium. Kl il ne sciait

gauche delà Garonne, près de ce Sauternais qui est aujourd'hui le terroir de France le plus célèhre par ses vignobles à vin blanc ! ; son domaine est assez vaste et assez important pour avoir à la fois son marché de campagne* et son port sur le fleuve !, il s'étend jusqu'à Langon, dont 1' « estey » et le village dépendent je lui4 : voilà le centre et comme la capitale ; de ce que ses amis appelaient « les royaumes de Paulin » ". Mais ces royaumes

pas non plus impossible que ce soit celte demeure qui soit devenue, dans le haut, Moyeu Age; le donjon seigneurial de la maison noble de Bordeaux, domiciliée originellement, je crois, à Puy-Paulin.

i. Je n'hésite pus à placer la célèbre villa paulinienne iVEhrontagtis dans le voisinage immédiat de Langon, de l'autre coté de l'estey (dit de Langon ou de Roquelaillade), au quartier de Brîon (sans du veste être influencé par la toponymie), l-'.iirniii'iyus est. en effet, à l'extrémité de la route directe île Dax à Langnn, touche a celle localité, possède un port sur la Garonne (cf. ici, n. 3). Tout près i, et peut-être à Langea uiènie, de l'autre côte de l'estey, peut-être a la rigueur à Preignac, était le domaine de son frère. D'où il semble bien résulter que le père ou l'aïeul de Paulin (cf. p. 128, n. 3, ici, n. Il) était encore, même dans celle réirioii. plus riche propriétaire que lui. Voyez Ausone, Epist., 21. 2. 15; 22, 1, 4; 22, 2, 35-36:25, 126-7; Paulin, Epist., Il, S 14, P. L., EXI. c. 199. — La villa qui est devenue Preignac (Pru-miacus pour fJrimiacus), se retrouve possédée par Léontius, évèque de Bordeaux au vie siècle (Fortunat, Garni., 1, 20), et sans doute descendant du même Paulin l'ancien, soit par le frère (Ausone, Ep., 2.", l(i-7i, soit par la sieur (Gennadius, 49, Herding) de l'évèque de Noie. — Lan pin «Mail de la cité de Bazas au Moyen Age; mais, étant donné que Paulin ne parle jamais que des evèques de Bordeaux, il esl pos>ihle qu'elle dependîlalors de celle i

2. Dans Ebromagus, magus signiBe « marché ■> ; ebro- est peut-être le nom del'estey. Il s'agit d'un marché de ihunaine. — .Surces marchés de domaines, bi au-coup plus nombreux en Gaule qu'on ne croit, voyez Pline le Jeune, Epist., V, i, où il esl question d'un jrrand propriétaire qui veul instituere mtndinas in ayrissuis.

3. Le portas Alingoais (Sidoine, Epist., 8, 12, 3) doit être le même que le port d,Ebroma<ius (Ausone, Epist., 22, 1, 4; 22, 2, 33*36) : commun sans doute aux propriétés de Paulin et de son frère (n. 1). 11 devait être au débouché de l'estev (n. 1 et 2). — Sur ces ports privés, t. V, p. 132, n. 2, t. VI, p. 33S, n. I, ici. p. 133, n. 3.

4. A lui ou à son frère (cf. ici, n. 2); Paulin, Epist., 12. 12; 20, 3. Paulin a bâti une église à Langon (Paulin, Epiât., 20, 3>. — La route indiquée par Sidoine {Epist., X. 12. 1-3), de Bazas à Langon, n'est autre que celle à laquelle pense Ausone, de Dax au domaine de Paulin {Epist., 25, 124-7). Les Pontii LroiUius et Puaiinm que l'on rencontre alors vers Langon (Sidoine. Epist., Vlll, 12, 3). sont les neveux ou cousins de Paulin (ici, n. 1). Cf. p. 205. n. 2.

5. Ebromayus est évidemment la résidence habituelle et originelle de Paulin, miriiin Paulini; Ausone, Epist., 21, 2, 15 (cf. ici, n. 1).

<i. Ausone, Epist., 25, 115-116 : Lacera Impie ceiitum per dominos veteris Puitliui régna (il s'agit du père de Paulin; p. 128, n. 3, p. 130, n. 0), et il est probable qu'il faut lui attribuer tout ou grande partie des biens des futurs ij'ontii, notamment Bourg que lui ou son père a fondé, et qui est Burgus Leontii (Sidoine. CSuTM-, 22) et Preignac (ici, n. I). — Dominas innumerabilium prœdiorum, dit un chroniqueur du futur évoque (Cliron. min., I, p. 050, Mominsen).

renfermaient bien d'autres principautés : terres, et sans doute aussi considérables, dans le Narbonnais aux vignobles serrés ' et dans la bienheureuse Campanie italienne2, et, dans le Bordelais même, si Bourg ne lui appartient pas, la colline et les joyeux alentours sont la propriété d'un de ses proches parents: car son père ou son aïeul3 a bâti, sur le sommet qui regarde la Dordogne4, une demeure aussi grande qu'une ville, aussi forte qu'une citadelle5, et du château paulinien de Bourg naîtra une cité libre et puissante, que Bordeaux sera fier d'avoir pour filleule. Paulin est fils et petit-fils de clarissime; son père ou son aïeul, venu d'Italie, a été sans doute préfet du prétoire 6. La noblesse et la richesse lui sont arrivées par la naissance, encore qu'elles ne soient sans doute pas de très vieille date dans sa famille7. — Ausone, son maître et son ami, est au contraire un parvenu, fils d'un simple médecin de Bazas 8, et qui est monté au clarissimat par la gloire de son enseignement et la faveur de l'empereur Gratien9. Mais richesse et noblesse ne tardent pas à s'équilibrer, en moins d'un demi-siècle, dans les deux maisons amies de Paulin et d'Ausone.

1. Paulin y possède des vignobles; Epist., 5, 22 (vinum vêtus, quod Narbone adkuc nos habere credimus).

2. Paulin, Epist., 32, 17. — Sans doute en Espagne, où il se retira après son gouvernement de Campanie et où il se maria (Carmina, 21, 399 et s.), et où il fera plus tard sa retraite après son renoncement définitif au monde. — Peut-être est-ce à lui, et non à Sulpice, qu'appartient le fameux domaine de Primuliac (p. 135, n. G).

4. Bourg a toujours été super Dornoniam (Revue des Et. anc, 1901, p. 339 et s.), et le confluent de la Dordogne et de la Garonne n'a jamais varié. L'expression, d'ailleurs toute moderne, de Bourg-sur-Gironde, est fautive, et devrait être remplacée par Bourg-en-Gironde.

5. Sidoine, Carm., 22, 114 et s.; cf. t. Vil, p. 90, n. 8; ici, p. 141, n. 1, p. 1S2, n. 8, p. 183, n. 2 et 3, p. 185, n. 7, p. 184-5, p. 221, n. 7, p. 222, n. 1. —De môme, la villa d'Ausone à Lucaniucus (p. 133, n. 3) est appelée oppidum (Ausone, Epist., 22, 2, 41).

7. Sans quoi on n'eût pas appelé le Paulin de Bourg (p. 128, n. 3) princeps generis (Sidoine, Carm., 22, 117).

8. Epicedion, 2, vers 1 et s. : mais il est probable que, né a Huzas, sans doute fils et petit-fils de Bazadais (Ausone, De herediolo, 2, 2; Paulin de Pella, Euchar., 831-2), le père d'Ausone se fixa à Bordeaux, où naquit sou fils (cf. p. 373).

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