Cf. t. VU, p. 249, n. 4; ici, p. 127, n. <i
De son père, Ausone a reçu un domaine sur la Garonne ', d'environ 260 hectares, et c'est là, dit-il, un bien d'importance très médiocre, ce qu'on pourrait appeler une terre de décurion, de sénateur municipal 2. Mais dans sa vieillesse, il possédait encore, au voisinage de Bordeaux, une vaste étendue de terres près de Condat dans le Libournais, et c'est peut-être à lui qu'appartenait le sol où Libourne s'est bâtie3. Gela ne l'empêche pas d'acquérir en Poitou une très riche villa, au terroir fécond en cultures de tout genre4; une autre encore en Bigorre, avec
1. Ausone, De herediolo : le domaine est sur une rivière accessible à la marée et pas très loin d'une ville : ce ne peut ètro que sur la Garonne entre La Réolo (ou plutôt Castets) et Rordeaux, et peut-èlre, étant donné que le père d'Ausone avait Razas pour patria (p. 132, n. 8; Paulin, Euchar., 332), entre La Réole et Langon, où commence le terroir bazadais, et de préférence sur la rive gauche, où se trouve la région forestière (il y a des bois surtout à Saint-Pardon parmi les communes riveraines). Il m'est enfin bien difficile de ne pas appliquer au domaine patrimonial d'Ausone les deux vers de Paulin (Carminn, 10, 247-8), et par suite de ne pas placer ce domaine dans le Razadais : quique superba tuae contemnis mœnia fiornx [doit signifier sa domus avita plutôt que Rordeaux ou Rome] consul, arenosos num dedignare Vasatas? On a songé surtout à Loupiac sur la rive droite (cf. Inscr. rom. de Bordeaux, t. II, p. 150) : mais je doute qu'il y ait jamais eu dans le terroir de Loupiac les 700 arpents de forêts du domaine d'Ausone; l'inscription de Leontius (Corp., XIII, 911) me paraît indiquer que ce domaine de Loupiac appartenait à un parent de Paulin (p. 131, n. G).