Cf. t. VII, p. 304, n. 6, ici, p
2. 11 dut même y avoir de bonne heure, en particulier du côté des monastèresr des faits de caplation ou d'usurpation de terres (Zosime, V, 23, 8; ici, p. 155, n. 1, [>. 152, n. 6). — Ajoutez, dans cet ordre d'idées, les associations de moines ou de clercs pour faire le commerce, en particulier dans les bourgades (cf. p. 3 H, Q. 8), ce que l'exemption de l'impôt sur le chiffre d'affaires (t. VII, p. 158, n. 8) rendait singulièrement tentant. Et il a dû y avoir là un danger réel, vu les précautions prises de bonne heure par les empereurs (C. Théod., XVI, 2, 10, 14 et 15).
']. La villa OU le domaine, quel que soit le maître, représente une circonscription fiscale, administrative et géographique parfaitement définie, au même titre que le vicus avec son territoire, que la ville chef-lieu cl sa banlieue (suburbium). Cf. p. 145, n. 4, p. 157, n. 5. — Il a dû y avoir, du reste, dans la suite des temps impériaux, des modifications dans ces cadres formes par les domaines en -acus ou en -anus. La villa d'Avitacus, de Sidoine, portant le nom de son beau-père Âvitus (p. 185, n. 3), n'a pu être constituée, comme ressort terrien, qu'après 400. De même, la villa Lucaniacus d'Ausoue, portant le nom de son beau-père Lucanas (p. 133, n. 3), n'a pu être constituée qu'après 300. De même, les noms de lieu en -acus à noms propres germaniques (Longnon, p. 83-8'i), datent de beaucoup plus tard. La question est de savoir s'il s'agit simplement de changements dcnoms dans le môme cadre, ou de constitutions de nouvelles propriétés, de nouveaux districts. L'un et l'autre, suivant les cas, sonl également possibles.
hranlable qu'avaient formé dix siècles d'aristocratie foncière : telle nous l'avons pressentie dans la Celtique des rois arvernes * et décrite dans la Gaule d'Hadrien2, telle nous la retrouvons sous Théodose; et lorsque, deux siècles plus tard, Childebert donnera à l'église parisienne de Saint-Germain-des-Prés la villa fiscale d'Issy3, ou que Dagobert attribuera quelques terres de Gentilly au monastère fondé par saint Eloi4, ces domaines royaux seront pareils de nom, d'aspect et d'étendue5 aux biensfonds créés par de lointains ancêtres sur les plateaux fertiles du Hurepoix, l'un autour des sources intarissables d'Issy, l'autre sur les deux rives de la Bièvre limpide. Les révolutions qui ont traversé ce millénaire de notre histoire, d'Ambigat à Dagobert, ont pu changer sur ces terres la forme des demeures, le costume, la langue et les mœurs des hommes, et par endroits substituer les « règes » de vignes aux sillons du labour : mais entre la terre et l'homme les relations restent de même nature; et c'est toujours, sur l'étendue consacrée, un maître pour commander et un régisseur pour le représenter6, des serviteurs attachés à la personne du chef et d'autres à la culture du sol. Les biens d'Eglise n'échappaient pas à la règle générale : les prêtres en sont les intendants, mais ce sont des esclaves qui les labourent; et quand Martin installa ses moines à Ligugé, je ne suppose point qu'il leur confia le travail de la glèbe ou l'élevage du