‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 215 sur 473 · XIV. — LE SYSTÈME DU CLASSEMENT HIÉRARCHIQUE · texte numérisé non relu

XIV. — LE SYSTÈME DU CLASSEMENT HIÉRARCHIQUE

De ce vagabond au clarissime, en passant par l'esclave, l'affranchi, le plébéien et le décurion, la société commence à se conformer à l'idéal des juristes : chacun y a son rang- marqué, d'après sa naissance, ses revenus et l'impôt qu'il paye à l'État; car l'impôt, à sa manière, fixe dans une classe et précise sur la qualité d'un homme1.

Les anciens cadres dans lesquels l'humanité avait vécu jusque-là, villes ou nations tracées sur le sol et confirmées par l'histoire, existaient toujours et tenaient encore leur place dans la vie publique de l'Empire- : car il fallait des ressorts municipaux et provinciaux pour percevoir les impôts et distribuer les affaires3. Mais ces cadres s'effaçaient chaque jour davantage sous les fautes du prince et les aberrations de ses juristes. Il semblait qu'on voulût en finir un jour avec ces frontières du sol ou ces marques du passé, qu'on pourrait détacher les hommes de la terre et des traditions de leur cité ou de leur peuple pour les ramener tous à la formule de leur condition sociale, et qu'il n'y aurait plus, dans l'Empire romain, des Arvernes ou des Gaulois, mais des riches et des pauvres, des décurions et des sénateurs, des employés de bureaux* ou des ouvriers de fabriques, et tout ce monde minutieusement parqué dans les séries et les rangs d'un protocole inflexible. Le droit de l'Etat impérial arrivait aux mêmes résultats et aux mêmes erreurs que l'idéologie de sociologues actuels.

Chacune des grandes classes sociales avait ses catégories,

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