‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 229 sur 473 · III. — LE RETOUR A LA TERRE · texte numérisé non relu

III. — LE RETOUR A LA TERRE

En dehors de leurs œuvres littéraires, ils ont fait ou dirigé, sur le sol de la Gaule, de très bonne besogne.

Ils eurent d'abord le mérite d'entendre l'appel de la terre, de prendre racine au milieu d'elle. Les villes sont devenues insupportables aux hommes riches et délicats de la noblesse, avec leurs sombres murailles, leurs espaces étouffés2, leurs garnisons de Barbares3, leurs rues bruyantes et sales qu'encombrent les chiens en maraude, les porcs passant pour la foire ou les bœufs attelés aux charrettes4. Us fuient maintenant la vie de cité avec la même ardeur3 que, quatre siècles auparavant, leurs pères l'avaient recherchée6. Cette noblesse qui, par ses hôtels municipaux ou ses villas suburbaines, avait fait jadis la beauté et la richesse de Vienne ou de Reims 7, a de nouveau émigré vers ses domaines, depuis que les cités à demi détruites ne leur offrent plus de vastes demeures et des fêtes somptueuses. Au moins, en leurs châteaux, se sentent-ils libres de bâtir à leur guise, entourés d'hommes qui ne sont qu'à leur service, ne frayant qu'avec leurs pairs ou avec leurs obligés8. S'ils vont à

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