‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 230 sur 473 · LE RETOUR A LA TERRE · texte numérisé non relu

LE RETOUR A LA TERRE

la ville, c'est pour célébrer les fêtes chrétiennes l, jusqu'au jour où ils pourront avoir un prêtre dans leur oratoire2; c'est aussi pour amener leurs enfants à l'école3, régler leurs affaires politiques 4, écouter quelque rhéteur en renom, et consulter, s'il le faut, avocats ou médecins5. Mais la véritable existence pour eux, la vie de fond, celle qui compte et qui plaît, qui occupe et qui produit, c'est dans leurs villas, sur leurs terres, qu'ils veulent la passer, et ils sont résolus et capables de la bien vivre6.

Car ils ne furent rien moins que des oisifs et des inutiles, et il ne faudrait pas pousser outre mesure la comparaison avec les seigneurs français de la cour de Versailles. Au lendemain des désastres du troisième siècle, c'est à eux qu'est incombée la tâche de rendre à la terre de Gaule sa fécondité naturelle, et ils ont su l'accepter et s'y adonner sans réserve7. Assurément, ils n'ont pu l'accomplir tout entière. Il faudra de nouveaux siècles, d'autres ouvriers et d'autres maîtres, pour achever de guérir les maux des générations néfastes. L'œuvre de la résurrection terrienne va être souvent interrompue par le retour offensif des Barbares. Jusqu'au onzième siècle, jusqu'à l'éveil

1. Primis sanction post Pasc/ia diebus; Àusone, Ep., 10, 17. Cf. p. 324, n. 2 et 3.

2. Cf. p. 132, n. 2, p. 302-3. Ils ont dû le désirer de bonne heure.

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