‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 253 sur 473 · T. 1, p. 397 et s.; t. V, p · texte numérisé non relu

T. 1, p. 397 et s.; t. V, p

tianisme aidant, il y aura des cités épiscopales à Toulon et à La Ciotat en Provence, à Agde et à Maguelonne en Languedoc1. On commence à réparer les deux grandes iniquités commises par César et sanctionnées par Auguste : le Morbihan recouvre son port de guerre avec la citadelle de Vannes2, Marseille voit revenir dans son port du Lacydon une flotte militaire3, et les commerçants ou les voyageurs ne dédaignent plus d'y débarquer au lieu de monter jusqu'aux cités impériales d'Arles ou de Narbonne 4.

Car ni l'insécurité ni le mauvais état des routes n'empêchaient de très longs voyages. La force du désir humain l'emportait toujours sur la crainte du danger ou sur l'approche d'un ennui1. J'ai déjà dit que les sénateurs se tiraient aisément d'affaire sur les grands chemins0: on peut le dire aussi des

1. T. VII, p. 305, n. 3 (La Ciotat, Garguier et Toulon); pour Agde et Maguelonne, Not. Gall., 15, 5 et 6; cf. p. 22, n. 4. Ajoutez Nice (p. 24, n.6), sans parler d'Antilles, qui, à la différence de ces localités, a toujours été civitas administrative (t. VI, p. 304, n. 6). Il me semble possible que l'on ait tenu à avoir des évoques dans les ports maritimes ou même fluviaux (cf. p. 302, n. 0), ce que l'on constatera plus tard, je crois, en Armorique : peut-être était-ce en partie pour accueillir et contrôler les pèlerins et voyageurs de tout genre que le Christianisme a provoqués (p. 208, n. 2; ici, n. 4).

2. Ici. p. 10'.), n. 5, p. 220, n. 7; cf. t. II, p. 491, t. III, p. 292-300.

3. Ici, p. 110. Voyez le rôle militaire de Marseille sous Maximien, t. Vil, p. 103-4.

4. Sulpice Sévère, Dial., I, 1, 3; cf. t. V, p. 168, n. 0. — Voyez, chez Paulin (Carm., 24, P. L., LXI, c. 615 et s.), le curieux voyage de Martinianus, s'embarquant à Narbonne, faisant naufrage, arrivant par barque à Marseille, et s'y rembarquant pour Centumcellœ (Civita-Vecchia). — Le port de Marseille a dû certainement connaître une activité nouvelle du fait des va-et-vient religieux entre la Gaule, l'Italie et l'Orient: d'autant plus qu'il s'est formé là de très bonne heure un groupement chrétien toujours prêt à accueillir les frères de passage (Martifiiamim suscipit fraternitas, dit Paulin, Carm., 24, 311).

5. Outre les voyages dont nous allons parler, rappelons (cf. t. V, p. 146) les voyages pour cérémonies familiales, par exemple ces jeunes filles âgées de 22 et 14 ans, qux ob desiderium avunculi ab ultima Gallia per diversa loca provinciarum ad provinciam Macedoniam venerunt: il est vrai qu'elles ne tardèrent pas à mourir après ce voyage (Corp., III, 14406); voyage d'une épouse, de Gaule aux environs de Vicence en Italie, de Gallia per mansiones L, ut comtnemoraret memoriam mariti (Corp., V, 2108). — Transport du corps d'un professeur célèbre de Constantinople à Bordeaux, p. 264, n. 1. — Voyages pour études à Rome, p. 231, n. 3.

Page 1