‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 259 sur 473 · LA CIRCULATION COMMERCIALE · texte numérisé non relu

LA CIRCULATION COMMERCIALE

à l'usage des troupes en campagne1. Il est fort douteux que les anciennes foires rurales aient repris leur importance : elles dépendaient toutes de sanctuaires, et la fréquentation en était liée à la vogue d'un pèlerinage2 et à la gloire d'un dieu; l'arrivée des évangélistes et la ruine du temple3 ont amené le discrédit du marché; et le temps n'est pas encore venu où de nouveaux foirails s'installeront auprès de la tombe d'un saint. C'est sur les places et aux portes des villes ou des bourgades que se fixent maintenant les principales heures de l'agitation commerciale4, de celle qui n'a pas pris ses habitudes devant les boutiques des rues5 ou les roulottes des campagnes.

Ce qu'on vend ou achète, ce sont les produits d'un voisinage qui n'est pas très étendu. Un propriétaire du Médoc fournira0 au commissionnaire qui vient traiter avec lui, le suif de son bétail, la cire de ses abeilles, la résine de ses pins, le jonc de ses marais, dont on fabriquera chandelles, torches, lampes ou mèches7 : mais cela, je crois, ne dépassera guère le marché de Blaye ou celui de Bordeaux. Ne nous faisons pas illusion sur les fontaines en marbre de Paros qui ornent les places des

1. Cf. p. 190, n. 5. — Il faut sans doute ajouter une certaine circulation des animaux de chasse ou de luxe, chevaux, chiens et éperviers (cf. Sidoine, Epist., III, 3, 2; Paulin de Pella, Euchar., 143-5).

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