‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 260 sur 473 · Totis porticibus civitatum; Panrg., V · texte numérisé non relu

Totis porticibus civitatum; Panrg., V

5. Tabernœ à Tours; Sulpice, DiaL, II, 1, 8 : on y achète une vestis bigcrrica (de Bigorre), brevis atque hispida, pour cinq pièces d'argent (6 à 7 francs or en valeur absolue?).

6. Après les avoir lui-même achetés à vil prix aux paysans du Médoc (leviore nomismate captans), le propriétaire les revend, sans doute après confection de torches ou de lampes, à un colporteur ou commissionnaire, et cela avec de gros bénéfices (pretiis insanis) : c'est ce qu'Ausone appelle mercatus agitare.

7. Ausone, Epist., 4, 17-21 ; t. V, p. 264, n. 5. — Il est fort possible que les grands propriétaires, comme celui du Médoc dont il est ici question, eussent des negotiatores ou des agents attitrés faisant le commerce pour le compte de leurs domaines, et qui seraient leurs esclaves ou affranchis : c'est peut-être le cas de Philon, ancien procurator d'Ausone et demeuré peut-être plus ou moins à son service (Epist., 22). — Les empereurs avaient des negotiatores de ce genre (Code Théod.t XIII, 1. îi). — El sans doute aussi les Églises (cf. p. 168, n. 9). — Sur les moines des bourgades, se mettant à quelques-uns pour faire le commerce, p. 344, n. 8.

Villes1 ou sur les colonnes en matériaux précieux qui décorent les plus belles villas2 : ce sont les générations antérieures qui sont allées chercher ces marbres en Grèce, en Asie ou en Numidie; et les architectes du Bas Empire se sont bornés aies extraire des ruines du voisinage. La Gaule vit en partie des ressources de ces ruines et des reliefs de son passé3. Quand ses plus riches seigneurs reçoivent quelque produit du dehors, oranges d'Espagne4 ou ballon de jeu fabriqué en Italie5, c'est un événement pour eux, et ils le célèbrent en prose ou en vers. Les temps ont bien changé depuis le jour où, sous les premiers Césars, le plus humble des campagnards pouvait offrir aux Lares de son foyer une lampe de potier italien0.

La vie citadine se ressentait plus encore que la vie rurale de cette décadence de l'industrie et du commerce : elle est faite pour les rendez-vous d'échange et pour le travail en commun, et les Gaulois se désintéressaient chaque jour davantage des lointaines relations et des manufactures populeuses7. C'est surtout en regardant les villes que l'on s'aperçoit que l'existence des hommes a changé. Elles étaient, sous Hadrien ou Septime, de vastes assemblages de demeures, de riches hôtels et de petites boutiques, d'ateliers et de fabriques, de temples superbes et de modestes oratoires, de portiques, de théâtres, de thermes et de basiliques, de lieux de prière et de lieux de plaisir, où des mil-

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