Cf. t. I, p. 176 et s., t. II, p. 214 et s
qu'ils imposèrent à la vie de la cité, l'ombre qu'ils projetaient sur elle. C'étaient des murailles énormes et massives, qui surgissaient brusquement du sol, sans fossés, sans bastions, sans vedettes, droites, hautes et nues. A Bordeaux par exemple, là où est aujourd'hui la place de la Comédie, lorsqu'on arrivait de la banlieue médocaine (par la rue Fondaudège et les allées de Tourny), on apercevait tout à coup, à gauche les colonnades ruinées du temple de la Tutelle (sur l'emplacement du Grand Théâtre), et devant soi (à l'entrée de la rue Sainte- Catherine), barrant l'horizon et la route, la façade sinistre du rempart'; et c'était un spectacle pareil qu'on avait à Paris en franchissant le pont de la route d'Orléans (rue Saint-Jacques) ou celui de la route des Flandres (rue Saint-Martin)2, ou à Bourges en débouchant de la campagne (à l'esplanade Marceau sur le seuil qui domine les marais du faubourg3.
Et c'était bien une forte et rude bâtisse que cette muraille. Derrière ses trente pieds de hauteur4, il y avait jusqu'à douze pieds d'épaisseur de pierre, de ciment et de brique5. Tous les trente pas6, la masse était dominée7 par des tours de même
1. Drouyn, Bordeaux vers 1U50, p. 5, 31-32, 421, etc.; Inscr. rom. de Bordeaux, II, p. 280. Cf. ici, t. VII, p. 19, n. 4.