‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 277 sur 473 · Cf. p. 49, n. 1, p. 150, n. 2, p. 154, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 49, n. 1, p. 150, n. 2, p. 154, n

4. Voyez ce que dit le Panégyriste de Théodose, qui est un Gaulois (Pacatus, XII, 21) : lorsqu'on visite une ville, on commence par l'église, quod facere magnas urbes bigressi solemus, ut primum sacras œdes etdicata Numini Summo delubra visamus [il est difficile que, s'adressant à Théodose, l'auteur songe aux temples païens], tum fora atque gymnasia et pro suis extenta porticibus ambulacra miremur.

5. Je pense à l'ornementation et non à l'étendue. Car il est probable que dès lors, l'église cathédrale étant unique ou en tout cas essentielle, on dut chercher pour elle un assez vaste emplacement (cf. p. 346, n. 3). A Mayence, en 368, le peuple chrétien semble concentré dans une église aux jours de fêtes (Ammien, XXVII, 10, 2; cf. t. VII, p. 241). Reconstruction ou construction d'une vaste église à Trêves à la fin du règne de Constantin; cf. t. VII, p. 250, n. 2. Reconstruction de l'église [?] à Sion par les soins du gouverneur en 377; t. VII, p. 268, n. 5 (Sion était peut-être encore chef-lieu de civitas; cf. t. IV, p. 596, note). — Remarquez qu'Ammien appelle encore conventiculum (à Cologne) le lieu d'assemblée des Chrétiens (XV, 5, 31; cf. t. Vil, p. 169, n. 3).

6. Ceci pour les premiers temps (cf. p. 236, n. 1, p. 310, n. 5), et il a dû en demeurer ainsi dans les petites villes.

salle édifiée auprès des remparts1 : mais elle concentre dès lors toutes les habitudes religieuses de la ville, elle est siège d'évêque, et par là elle renforce d'une sanction divine la maîtrise que cette ville exerce sur le territoire de la cité ; et c'est aussi le lieu souverain où fraternisent les âmes, le sanctuaire où leur Dieu a son autel2. On peut prévoir le moment où l'église à son tour, comme le temple des anciennes idoles ou le théâtre des fêtes de jadis, deviendra un rendez-vous de richesses, un édifice de gloire et de beauté3.

1. On a souvent remarqué que la cathédrale, autrement dit l'église par excellence de la cité, ecclesia civitatis, ecclesia sedis, est d'ordinaire, dans les castra municipaux du ive siècle, adossée au rempart, et quelquefois à l'angle opposé à celui où est le prœtorium (p. 228, n. 2) : à Paris, comparez la phice de la Cathédrale et celle du Palais (ibid.); à Bordeaux, celles de Saint-André et du Palais de l'Ombrière; etc. Sans qu'il y ait le moindre indice écrit à ce sujet, on peut supposer que la chose résulte d'une intention formelle, d'une concession de terrain public faite sous Constantin ou ses fils; la construction de la plupart de nos cathédrales date sans nul doute de ce temps (à Tours, par exemple, sous l'évêque Lidoire, de 337 ou 340 à 371 ou 372; Grégoire de Tours, Hist., X, 31, p. 443). Peut-être ce voisinage de l'église et de l'enceinte se constate-t-il moins souvent dans les villes où le Christianisme est de date plus récente (par exemple Bayonne). Cf. Blanchet, p. 277. — On a remarqué que les cathédrales ou églises qui furent plus tard placées sous le vocable de Saint-André, étaient au voisinage de portes (Bordeaux, Autun, Cologne, Bayeux, etc.) : on a transféré en Gaule des reliques de saint André avant 396 (p. 319, n. 5). — Il est probable que dans les chefs-lieux de cités où une église épiscopale s'est établie de bonne heure, avant la construction de l'enceinte du castrum, et s'est établie en dehors de la ligne occupée par cette enceinte, cette église a pu demeurer ensuite le centre officiel, ecclesia sedis episcopalis. Et c'est pour cela que nous trouvons, par exemple à Aix, une « Notre-Dame-de-la-Sed » dans un faubourg de la cité du Bas Empire, en dehors du rempart, mais à un endroit ayant peut-être fait partie de l'enceinte coloniale (Beata Maria de sede ville Turriam [la Ville des Tours; t. VI, p. 312, n. 1 ] ; Clerc, Aquse Sextiœ, p. 485 et s.); le transfert de la cathédrale dans le caslrum (à Saint-Sauveur) fut du reste naturel après la construction de la nouvelle enceinte : mais on ne peut dire quand ce transfert a eu lieu. Il existe aussi une Notrc- Dame-de-la-Sed à Apt (ici, c'est la Cathédrale, et il n'y a pas eu de transfert, l'église étant, je crois dès le début, au centre de la ville), à Marseille (La Major; moines remarques), à Hiez (au contraire, il semble qu'il y ait eu transfert, comme à Aix; A'banès, Gallia Christiana novissima, I, c. 621).

2. Le droit d'asile confère évidemment à l'église, même aux yeux des païens, une prééminence morale et divine. Silvain tente de se réfugier dans celle de Cologne (t. VII, p. 169, n. 3). C'est du reste l'extension d'un privilège de templei païens.

La religion nouvelle, en mettant son empreinte sur ces forteresses, en atténuait la tristesse, invitait la vie des hommes à de périodiques allégresses et à des espérances inattendues. C'est grâce à elle que les vieilles villes de la Gaule romaine retrouvent, à de certains jours, la joyeuse animation et les mêlées populaires des temps disparus1. Aux fêtes chrétiennes, la foule remplit l'intérieur et le parvis de l'église2, les grands seigneurs se croisent avec les plus misérables, l'empereur rencontre le mendiant, toutes les conditions se groupent devant l'autel3, comme elles se rapprochaient autrefois sur les gradins des amphithéâtres1. Le cirque, il est vrai, le seul lieu de spectacle qui subsiste de l'ancien Empire B, fait concurrence à l'église et brasse des foules pareilles6 : car la passion du cheval a remplacé celle du gladiateur. Mais il n'y a de cirque que dans les plus grandes villes7, et chaque capitale de cité, si médiocre soitelle, a son église et ses jours de Pâques ou de la Nativité8.

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