‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 281 sur 473 · Cf. p. 233, n. 2, p. 320, n. 8, p. 313, m. .i · texte numérisé non relu

Cf. p. 233, n. 2, p. 320, n. 8, p. 313, m. .i

4. Pour tout ce qui précède, Grégoire de Tours : concurrentes populi ad basilicam tancli (Seurin [Severinus], à Bordeaux; Gl. conf., 44); ssepius ad eum accedentet injirmi (Victor, à Marseille; Cl. mari., 76); in quo loco multœ virtutra faclm surit (Martin, à Tours; De virt. s. Mart., I, 6); etc. Cf. p. 'l'-Vl. n. 4 cl ."i

susciter des puissances éternelles. C'est à l'orée et pour ainsi dire sous les effluves sacrés de ces cimetières que s'élèveront les premiers monastères suburbains de la Gaule, par exemple celui de Saint-Victor de Marseille1. Ceux que Martin avait fondés dans la campagne, Ligugé ou Marmoutier, étaient surtout des séminaires de travail, des écoles de combat2, une préparation à la vie : et c'est au contraire l'aspiration à la piété silencieuse et le rayonnement de la mort qui attireront les moines autour des tombes saintes des nécropoles municipales.

Mais peu à peu les passions humaines seront plus fortes que l'idéal divin. Le monastère suburbain oubliera la mort qui l'entoure et se laissera dominer par la vie qui l'emporte. Saint- Victor grandira en puissance matérielle, il sera centre de domaines et de richesses, citadelle redoutable et grande ville; et la cité de Marseille, qui lui fait face de l'autre côté du port, verra une cité de moines se dresser contre elle par-dessus l'antique demeure de ses morts3.

1. C'est sans aucun doute le monastère de Saint-Victor qui est d'abord visé par Gennadius, 62 : Cassianus presbyter apud Massiliam condidit duo monasteria, id est virorum ac mulierum, quœ usque hodie exstant. Il serait possible que le monastère de femmes dont il est ici question (sans doute au voisinage de l'autre monastère), fût le premier de ce genre en Gaule (cf. p. 300, n. 1). Ces fondations ne peuvent être placées qu'après 415, mais elles datent sans doute de peu après; Paulin de Pella parle (entre 421 et 460) des « saints de Marseille » (plures sancti; Euchar., 521). — Dans le même ordre d'idées, il est vrai non plus autour du corps d'un saint ou d'un martyr de la cité, mais autour d'un sanctuaire abritant des reliques apportées, il a dû s'élever, dès la fin du iv* siècle, des monastères suburbains : peut-être en particulier autour des reliques des saints Gervais et Protais, par exemple à Sens à l'entrée du vicus chrétien (p. 236, n. 1), peut-être à Paris (monceau Saint-Gervais à la sortie de la grande route sur la rive droite), ailleurs pour ces mêmes reliques (p. 320, n. 5); à Rouen pour les reliques reçues par Victrice (p. 319, n. 5). — C'est également dans les suburbia que se fondèrent, après 415 (p. 314, n. 2), les chapelles à saint Etienne, toujours par suite de l'apport de reliques. — 11 est d'ailleurs possible que ces édifices sacrés de faubourgs fussent souvent sous la forme, non de monastères, mais de simples basiliques ou même d'oratoires (cf. p. 233, n. 2, p. 320, n. 8) : ce qui n'empêchait pas la présence de moines plus ou moins librement affectés à leur service. — Sur les martyria, p. 317, n. 8.

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