‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 282 sur 473 · Ici, p. 299, n. 2; t. VII, p. 257 et s · texte numérisé non relu

Ici, p. 299, n. 2; t. VII, p. 257 et s

3. En dernier lieu, Bourrilly, Essai sur l'histoire politique de la commune de Marseille, p. 9 et s. (Ann. de la Fac. des Lettres d'Aix, XII, 1919-20). Cf. t. VII, p. 71-72.

Avec ses couvents ^et ses oratoires la vie urbaine débordait au dehors des remparts, des faubourgs s'esquissaient de nouveau aux portes des villes1. Car l'humeur de ces hommes demeurait faite du besoin d'agir et du besoin d'espérer; et à

1. Voyez par exemple : à Paris, le vicus Parisiorum ou vicus civitatis, qui avoisine sans doute le cimetière Saint-Marcel, non loin de V ecclesia senior, qui doit être le lieu de rassemblement suburbain de l'Église originelle, vrai ou légendaire (Grégoire, In gloria confess., 103 et 87; De Pachtere, p. 131-2, avec d'excellentes remarques générales, p. 137 et s.); à Glermont d'Auvergne, mais juxta, vicus Christianorum (Grégoire, Hist., I, 33); à Tours, le vicus qui erat Christianorum, où fut enterré le premier évèque Gatien (Grégoire, H. Fr., X, 31 ; cf. t. IV, p. 558); à Sens, le vicus de Saint-Pierre-le-Vif (cf. Prou, Élude sur les chartes de fondation de Vabbaye de Saini-Pierre-le-Vif, dans le Bull, de la Soc. arch. de Sens, XVII, 1895, p. 55-7). Il faut peut-être rapprocher de ces vici chrétiens connus les basiliques suburbaines et leurs quartiers que, dans nombre de villes de France, la tradition rapporte aux environs de 400, ce qui est en parfaite harmonie avec l'ensemble des faits historiques, par exemple la basilique cimetériale dite de Jovin ou de Saint- Agricole à Reims (t. VII, p. 238, n. 3; il y a eu un transfert de reliques d'Agricole avant 396; p. 319, n. 5). — Dans quel rapport ces vici suburbains se trouvaient avec le pomerium (p. 232, n. 2), et dans quelle mesure les cimetières ont pu peu à peu envahir cette zone du pomerium, je ne saurais le dire : mais il est bon de poser ces questions. — J'ai dit, à propos du mot de ecclesia senior de Paris, « vrai ou légendaire », ut aiunt, dit Grégoire; et cela fait allusion à la tradition, assez générale dans les villes de France, que l'église primitive était, non pas la cathédrale de l'intérieur (p. 230, n. 1), mais une église située hors les murs, d'ordinaire au centre du cimetière sacré. Il est possible que là, c'est-à-dire au voisinage des tombes, dans la zone du pomerium ou des vici suburbains, ait été le premier lieu de rassemblement des fidèles d'une cité; mais cela n'est nulle part prouvé en Gaule; et nous avons même des indices qui annonceraient le contraire, à savoir le rassemblement dans quelque domus particulière de l'intérieur (à Rourges, ecclesia prima, devenue la Cathédrale Saint-Étienne, Grégoire, Hist., I, 31, cf. t. IV, p. 563; à Clermont, la senior ecclesia est intra muros, Grégoire. ib., Il, 16). Il est donc assez vraisemblable qu"il ne s'agit là que d'une croyance récente, répandue après le triomphe du Christianisme, et par laquelle on aura voulu rehausser la gloire des basiliques suburbaines de cimetières, des martyria, en réalité postérieurs; et le texte de Grégoire de Tours, au lieu de mentionner un fait, ne ferait que rapporter une tradition. Mais il est, d'autre j;art, fort possible que les Chrétiens des temps primitifs aient eu, en Gaule comme ailleurs, deux centres essentiels de culte et d'assemblée, la domus ecclesiœ de la ville et la nécropole du faubourg, loca sepulcris apta, celle-ci également avec une sedes de l'évêque, d'où le nom de vicus (Christianorum donné à ce faubourg (plus haut) : la distinction est bien marquée par la loi de 326 (XVI, 5, 2). — C'est une question voisine, mais différente, que celle de remplacement primitif de l'église épiscopale dans les villes réduites, surtout du Midi (p. 230, n. 1) : il est possible que cette église, après la réduction de la ville, soit, en même temps que demeurée scdes, devenue centre du village funéraire ou du vicus des Chrétiens.

peine rejetés par le malheur dans l'enceinte d'une triste citadelle, ils cherchaient à s'en évader à la moindre lueur de paix : et de ces aurores pacifiques, la Gaule en connut souvent depuis l'ère de Dioctétien1.

Pourtant, ce ne sont pas les villes qui ont profité de ces renouveaux périodiques, et j'ai déjà indiqué les motifs qui me font croire à la lente continuité de leur décadence2. L'arrivée des boutiquiers, des moines et des professeurs orientaux3, l'installation de garnisons barbares4, l'afflux de jeunes gens aux écoles publiques5, ne suffisaient point à combler les vides faits chaque jour par la désertion des citadins. Décurions passant au sénat de Rome 6, grands seigneurs passionnés pour la vie rurale7, nouveaux convertis que leur vocation entraînait à la retraite monastique ou à d'humbles presbytères8, ouvriers ou prolétaires qui allaient où étaient la fortune et la protection, c'est-àdire au château du clarissime9, la société humaine se détournait insensiblement de la ville où avaient été naguère le foyer de son existence et sa plus agréable façon d'être10.

Les campagnes, en revanche, s'étaient repeuplées très vite11. Et c'étaient elles, surtout, qui profitaient des lustres intermittents de paix et des recrues humaines qui arrivaient à la population de la Gaule.

Ces recrues, semble-t-il, ont été fort nombreuses dans le siècle qu'inaugura Dioclétien. Songeons à tous ces Barbares amenés du dehors, Alamans, Suèves, Francs, Saxons, Sarmates,

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