Cf. ch. IV
Taïfales * et même Maures 2, qui furent créateurs de vrais villages, fixés pour jamais sur notre terre; et encore à ces esclaves innombrables que razziaient sans cesse les marchands d'hommes toujours postés aux frontières3 ou les soldats qui rabattaient pour leur compte cette sorte de gibier : Ausone avait une esclave ramassée ainsi sur terre de Souabe4, et dans quelques années les vieux patriotes de l'Empire se plaindront amèrement de ce qu'il n'y eût pas de riche sans un cortège d'esclaves germains5. Songeons enfin à ces milliers de mercenaires ou d'aventuriers, venus périodiquement de delà le Rhin pour servir sous les enseignes impériales6, et qui, restés en Gaule, s'y mariaient et faisaient sans doute, à la bonne manière d'autrefois7, souche d'une puissante progéniture : car la loi romaine permettait alors le mariage entre Francs et Romains8, et l'empereur Arcadius lui-même consacrait les temps nouveaux, en épousant la fille d'un général franc9. A aucune autre époque de sa vie, pas même au len-
1. Cf. p. 81 et s., t. VII, p. 64 et s. — Je crois qu'une étude minutieuse de la toponymie rurale amènerait la découverte de bien d'autres colonies d'origine barbare sur le solde France. — Les noms venus de colonia (ici, p. 160, n. 1) n'indiquent pas nécessairement cette origine, mais évidemment ne l'excluent pas.