‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 285 sur 473 · T. VII, p. 281, n · texte numérisé non relu

T. VII, p. 281, n

demain de la conquête romaine, le sol de France n'a vu arriver en si nombreuses foules des immigrants de tout genre, contraints ou spontanés1. Ce fut donc pour lui le temps d'une colonisation intensive, car il fallait bien combler les vides formidables faits dans la population gauloise par les misères du siècle précédent 2.

Etait-ce contagion de l'exemple barbare? sentiment plus profond du devoir romain? ou simplement la pensée, que plus une famille serait nombreuse, plus elle pourrait posséder ou exploiter de terres? mais il y eut, au quatrième siècle, une véritable recrudescence de la natalité 3, de cette fécondité des mères gauloises qui avait jadis émerveillé les contemporains de l'empereur Auguste4. En cela encore, les chefs donnaient le modèle : Constance se montrait à son royaume d'Occident avec sa splendide couronne de fils et de filles5; Ausone et presque tous ses parents, et c'est la grande famille de Gaule que nous connaissons alors le mieux, sont époux et pères, avec trois, quatre ou cinq enfants6. On note comme une exception la femme qui ne veut point se marier7. L'usage est de fonder un ménage

1. J'ai à peine besoin d'ajouter qu'il est inutile de rechercher ce que ces divers éléments sont devenus dans la population française, et s'il est possible d'en distinguer aujourd'hui les descendances. Tout ce monde, quel qu'il fût, n'a pas tardé à se mêler aux indigènes, et dès les siècles suivants, à la manière dont avaient fusionné Romains et Gaulois (t. V, p. 21), Celtes et Ligures (t. I, p. 249), et tant d'espèces anciennes avant les Ligures (ib., p. 191). La terre de France fut toujours celle où se sont le plus rapidement unis les divers éléments de population. Voyez les conclusions de Mathorez, Les Étrangers en France sous l'Ancien Régime, I, 1919, p. 151.

2. Cf. t. VII, ch. 1, § 4, o et 6. — Les empereurs de ce siècle ont évidemment eu le sentiment qu'il fallait pour ainsi dire coloniser à nouveau l'Empire : car d'ordinaire, ils n'admettaient au service les immigrés barbares, même les Goths, qu'a la condition d'en faire aussi des laboureurs (p. 81 et s., p. 81, n. 4, p. 85, n. 1).

3. Gela est expressément noté par les écrivains; cf. t. VII, p. 92.

4. T. II, p. 412; t. V, p. 23. — Remarquez la loi de Julien (C. Th., XII, 1, 55) sur les pères de 13 enfants [il ne faut pas corriger le chiffre; Godefroy, IV, p. 422].

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