Cf. t. Vil, p
ils se donnaient un mal infini afin de ne point passer pour des Barbares. En ces temps où tout le monde raffolait des généalogies *, ils finirent par trouver celle de leur nom et de leur race, et on écrivit que les Francs étaient d'origine troyenne, arrière-descendants de Francus, un fils d'Hector, fils dePriam2. Ils peuvent donc maintenant entrer dans la cité romaine, puisque, comme Romulus, ils ont pour fondateur de leur lignée un héros chanté par Homère. Ainsi avaient fait jadis les Rèmes de Champagne en se disant issus de Rémus 3. Un même mouvement d'adoration emporta tour à tour vers les poèmes d'Homère et les mythes de la Grèce les créateurs de l'Italie latine, les héritiers du Celte Ambigat et les précurseurs de Clovis. Quiconque .toucha aux rives de la Méditerranée voulut avoir pour patrie d'origine un foyer célébré par le poète divin. Et c'est en cela peut-être que réside la plus grande beauté de l'Empire romain en ses derniers jours, qu'il se plaça lui aussi sous la sauvegarde d'Homère et de Virgile, et qu'il fut une façon d'instruire les hommes et de les unir en la communion des lettres.