‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 305 sur 473 · PROCÉDÉS D'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS D'ENSEIGNEMENT

l'étude de Platon lui fournissait ses premières notions de philosophie1; la lecture de Quintilien l'initiait à la rhétorique2; et si le professeur était curieux de physique ou d'astronomie, il trouvait moyen de faire allusion aux lois de la nature en commentant Gicéron3 ou Virgile5. Tout était chez les auteurs classiques : il suffisait de l'y chercher '. Le livre d'abord, et toujours et jusqu'à la fin, le livre qu'on lit sans cesse, le passage sur lequel on s'arrête de longues heures pour amplifier, paraphraser ou subtiliser, des mots et surtout des mots à travers lesquels on veut apercevoir la vie et le monde, voilà ce que représentait l'école : l'art et la science s'y dévoilaient à l'esprit, non pas dans l'ordonnance d'un système ou la beauté d'un ensemble, mais en lambeaux et par ricochets, à propos d'un vers de Virgile ou d'une question de Socrate6; et c'était alors le culte de la chose écrite, devenue comparable à une parole révélée, l'adoration traditionnelle de la phrase trans-

1. C'est le prosateur grec le plus lu dans les écoles (cf. p. 252, n. 2); Sulpice Sévère, Vita Mart., 1,3; Dialogues, 111, 17,6; Ausone, Prof., 27,5; Cxs., 2, v. 69; Cento, § 4, p. 146, Schenkl ; Griphus, § 1.

2. Sur la vogue de Quintilien, Ausone, Prof., 2; Mos., 404; Grat. actio, 1, 31. Cf ici, n. 6, p. 255, n. 3 et 6.

3. Ausone, Prof., 23, 13; Cento, § 4,9, Schenkl; Epist., 16, 2,15; 17, 14 (lettre à Symmaque); Paneg., XII, 1 (Pacatus nomme aussi Caton et Horteusius); etc.

4. Cf. p. 252, n. 2, p. 276, n. 2 et 3. — Horace, quoique loin de Virgile, demeure populaire à l'école; Ausone, Protr., 56 (les odes); Prof., 22, 8; Ausone l'a imité a peine moins que Virgile (p. 266 de l'édit. Schenkl). Il semble qu'on en fit encore des lectures ou des chants sur les théâtres (à Narbonne? theatris lyra Flacci, dans VEpigramma de Paulin [p. 276, n. 3], 78-9). — Ausone parle également de Catulle (Schenkl, n° XXIII; Griphus, § 1), et, quoiqu'il parle fort peu d'Ovide (Epigr., 64), il l'a copieusement imité (voir p. 267 de l'édit. Schenkl, où sont indiqués tous les emprunts littéraires faits par Ausone); très certainement Ovide était encore fort populaire (cf. VEpigramma de Paulin, 77). — Un ouvrage qui paraît avoir prêté aux exercices scolaires, ce sont les Apologi de Julius Titianus (le père du professeur de Besançon et de Lyon, t. VI, p. 124, n. 5); Ausone, Epist., 16. Et cela se comprend, si l'on songe que c'était la mise en vers d'Ésope (id., vers 78 et s.).

Page 1