‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 333 sur 473 · Il doit être mort en 393 au plus tôt · texte numérisé non relu

Il doit être mort en 393 au plus tôt

3. Paulin de Pella, Eucharislicos. Il est né en 376, mort au plus tôt en 459.

et rien n'assombrissait les rêves de ses poètes ou les théories de ses historiens.

Mais la gêne qui entrava les lettrés du quatrième siècle ne vint pas seulement des tristesses latentes de la vie; elle tenait aussi à la maladresse de leurs efforts d'expression, à leur abus des réminiscences, à l'obsession de leurs souvenirs d'école l.

La langue, chez tous ces écrivains 2, n'a point gardé les habitudes nécessaires de clarté et de simplicité. Elle a des tours insolites 3, des inversions capricieuses et parfaitement inutiles4; elle abuse de termes nouveaux, longs et compliqués5,

1. Cf. p. 252 et s. — On peut sans doute ajouter, comme influence scolaire, un certain goût de l'archaïsme ou de la rareté, une recherche des vieux auteurs ou des auteurs oubliés, en admettant qu'on les ait connus directement : Afranius (p. 282, n. 5), Lévius (antiquissimi poetœ Lœvii Erotopsegnion; Ausone, Cenlo, § 4), les Fescennins (Anniani [sous Hadrien] Fescenninos ; id.); Ennius (Ausone, p. 266, Schenkt), le Grec Événos (p. 255, n. 6). La marque la plus nette de cette curiosité apparaît hors de Gaule, dans l'œuvre de Rufius Festus Aviénus, si riche en renseignements, empruntés à de très anciens écrits, sur le plus lointain passé de la Gaule (cf. t. I, p. 208, n. 7, p. 228, n. 3, p. 385, n. 7, etc.). Et cela, dans une certaine mesure, a compensé l'inexpérience de ce temps en matière d'histoire (p. 252, n. 5).

2. Ce qu'il y a de plus sûr et de plus complet sur cette langue du Bas Empire, demeure le livre de Gœlzer, Étude sur la latinité de saint Jérôme, 1884: remarquez en particulier cette très juste conclusion, que dans cette langue latine de la fin du siècle se trouve, « dans une certaine mesure, l'origine et le secret des langues modernes de l'Europe occidentale » (p. 439). Dans le même sens, voir la conclusion de Chabert, De latinitate Marcelli, 1897. — Je ne parle pas d'ailleurs des écrivains de la Gaule autrement que je ne parlerais de ceux du reste de l'Empire. Le mot de Pacatus (Pan., XII, 1) est une simple phrase de modestie à l'usage de son auditoire romain, rudem hune et incultum Transalpini sermonis horrorem. Et l'on en dira autant de la phrase de début du Panégyriste de Constantin (IX, 1) : Romanis latine et diserte loqui ingeneratum, nobis elaboratum. Je ne trouve pas, par exemple, la langue de ces Panégyristes plus obscure, moins élégante, que celle d'Ammien Marcellin ou de Symmaque, bien loin de là ; et il faut bien qu'il en ait été ainsi, vu la vogue des rhéteurs gaulois à Rome même (p. 261, n. 8). En ce qui concerne Hilaire, Sulpice, Paulin et même les Panégyristes, je croirai plutôt à un avantage de leur côté, à un plus grand effort vers la clarté et la simplicité, et je comprends, dans une certaine mesure, que l'on ait regardé le latin parlé alors en Gaule comme plus voisin du latin littéraire (Mohl, Introduction, p. 174).

3. Pour dire « tu arriveras ensuite à Lucaniacus », Ausone écrit : villa Lucani mox potieris aco (Eptst., 5,36).

4. Statim itaque Gallias tuas, Csesar, veniendo fecisti, pour veniendo fecisti Gallias statim tuas (Paneg., V, 6).

5. Voyez par exemple, chez Sulpice Sévère, confabulatio (V. M., 25, &),fructificare (Dial., I, 13, 3), justifware(Chr., I, 18, 9), prxfigurare(Chr., II, 3, 5), mots qui, sans être propres à Sulpice, sont bien caractéristiques de la langue mise alors à la mode par les écrivains chrétiens. Les influences bibliques furent capitales à ce point de vue.

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