‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 336 sur 473 · T. VII, p. 59 et · texte numérisé non relu

T. VII, p. 59 et

2. Du moins en Gaule : car on eut en dehors les Res gestx d'Ammien Marcellin en 31 livres a principatu Csesaris Nervœ adusque Valentis interitum (il n'en reste que la seconde moitié, XIV-XXXI, de 354 à 378). Cf. t. VII, p. 159, n. 8, p. 286, n. 2.

3. Pour Ausone, p. 263, et renvois à la n. 2; Eumène a été tour à tour rhéteur et magister sacrse memorix, puis mis à la tête de l'école d'Autun (Paneg., IV, 14 et H; t. VII, p. 92-94).

C'est le titre qu'on semble lui donner couramment; Gennadius, 19.

tion et propriétaires rentes. Leurs écrits furent de circonstance, composés pour raison d'utilité politique ou religieuse, pour exposer l'œuvre ou le programme d'un empereur, édifier des fidèles, combattre des hérésies; et les ouvrages d'apparence désintéressée, tels que les poésies d'Ausone, sont des jeux de grand seigneur ou de magistrat retraité1.

Mais tous les genres sont représentés dans cette littérature. Le Christianisme l'a embellie de chants religieux avec les Hymnes de saint Hilaire 2, et de pieuses biographies avec la Vie de Martin par Sulpice Sévère3; et cette Vie, qui est d'ailleurs une chose charmante, deviendra bientôt le type du genre littéraire le plus fécond que le monde aura connu. A côté d'eux, le demi-païen Ausone multipliait les petits poèmes descriptifs ou sentimentaux *, et les rhéteurs de l'école d'Autun portaient à la perfection le discours officiel dans leurs panégyriques à la fois substantiels, subtils, exacts et prudents, pleins de faits utiles et de réticences habiles, bien supérieurs aux longs bavardages et aux vagues descriptions du Grec Libanius leur confrère d'Orient5. Pline le Jeune ou Cicéron avaient pour

i. Je parle de celles qui restent, p. 270 et s.

3. Remarquez que cette Vie, conçue sur le modèle des Vies des Césars de Suétone, est fort différente d'allure de ce que nous appelons les plus anciennes Vies de Saints, qui sont en réalité des Passions ou récits de martyres.

4. P. 270, n. 3-6, p. 271, n. 2 et 5; et en outre, une Epkemeris, id est totius diei negolium, en 7 morceaux et 197 vers, 19 eclogœ, 114 epigrammata, et bien d'autres poésies à titres et à factures étranges : portraits, chacun en 4 vers, de 24 empereurs [incomplet], Cupido cruciatus (description en 103 vers d'une pictura in pariete vue à Trêves), Bissula (aimables poésies sur une jeune Suève devenue son esclave et affranchie; cf. t. VII, p. 242, n. 1), Griplius (jeu versifié, en 90 vers, sur le nombre 3, dédié à Symmaque), Technopœgnion (série de poésies aux vers terminés par des monosyllabes), Ludus Septem Sapientum, 25 lettres (presque uniquement en vers), etc. Je préfère l'édition de Schenkl à celle de Peiper (p. 24:1, n. 2;.

5. La collection, qui parait avoir été faite, sinon à Autun, du moins en Gaule, Comprend, outre le Panégyrique de Trajan par Pline : 2°-3° deux harangues a Maximien, œuvre d'un premier Mamertin (II et III; cf. t. VII, p. 59, n. 4, p. 50, n. 9, p. 58, n. 4); 4° une d'Euméne, assez médiocre (IV; cf. t. VII, p. 91, n. r>, p. 93, n. 3); 5° une à Constance, meilleure (V ; cf. t. VII, p. 93, n. 3); 6"-9" quatre à Constantin, sans doute par un Autunois, peut-être le même, écrivain d'assez belle allure (VI, VII, VIII, IX; cf. t. VII, p. 102, n. 7, p. 104, n. 4, p. 110, n. 2, p. 111, n. :i); 10" une autre à Constantin et ses fils (X; cf. t. VII, p. 133, n. 8), de facture

imitateur en leurs lettres l'évêque Paulin de Noie1; et le même Paulin, en rythmes variés et à la manière d'Ovide ou des lyriques latins, célébrait la gloire de Félix son saint d'élection ou décrivait les basiliques qu'il lui consacrait2. Trois clarissimes de la Gaule, tous trois anciens ministres de l'Empire, ont occupé leurs loisirs à trois œuvres étranges, de nature fort dissemblable : Paulin de Pella, petit-fils d'Ausone et comte des finances, a rédigé en vers sa propre biographie, ou, plutôt, la confession de sa vie, tout comme un saint Augustin, mais avec une médiocrité de style et une naïveté de pensée qui auraient fait rougir de son descendant le grand poète de Bordeaux3; Rutilius Namatianus, préfet de Rome, a raconté, également en vers, son retour dans sa chère patrie de Gaule, et ceci, cette fois, est alerte, coloré, pétillant d'images et riche en trouvailles *, et

banale, par Nazarius, dont on fait un rhéteur bordelais (Ausone, Prof., 15, 11 ; ici, p. 262, n. 3); 11° une à Julien, de Claudius Mamerlinus, le consul de 362, très vraisemblablement aussi un Gaulois (XI ; cf. p. 247, n. 2) ; 12" une enfin (XII), à Théodose, de Latinius Pacalus Drepanius, un Gaulois (24 et 47), proconsul, ami d'Ausone, qui lui a dédié le Ludus Septein Sapientum (p. 278, n. 4) : on peut donc le supposer bordelais, sinon d'origine, du moins de carrière universitaire (t. VII, p. 318, n. 5); il était sans doute de famille agenaise et a peut-être débuté à Agen (Sidoine Apollinaire, Epist., VIII, 11,1) : son discours, trop long, mais bien fait, est un type presque achevé de harangue ar;uicmique. — La collection a donc dû être faite à la fin du siècle, sans doute en Gaule, et pour fournir des modèles à des exercices d'école. Cf., entre autres, Pichon, Rev. des Et. anc, 1906, p. 229 et s. (et dans tes derniers Écrivains, p. 270 et s.). — Il ne faut pas oublier que cette collection n'offre qu'un nombre extraordinairement restreint des panégyriques qui ont été prononcés au cours du siècle : il devait s'en faire une demi-douzaine au moins par an, deux pour les consuls (tantôt remerciements des consuls, tantôt éloges qu'on leur adresse), et d'autres pour les solennités impériales (ici, p. 12-13). Minervius (p. 260, n. 7) paraît avoir été célèbre en ce genre (Ausone, Prof., 2, 13).

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