Pour Rétice d'Autun, t. VII, p
pieuses', épopées de fantaisie 2 ou biographies d'empereurs3, et à côté de celles qui n'étaient point destinées à l'écriture, mais à la parole seulement, oraisons ou sermons de prêtres, exercices4 et plaidoyers d'avocats ou leçons de professeurs : et de toutes ces dernières, il y en eut dans la Gaule une quantité effrayante, car l'école et le séminaire préparaient à parler plus encore qu'à écrire, et la moitié de la vie religieuse se passait à entendre des homélies, et la moitié de la vie publique à discourir au conseil du prince ou devant les tribunaux de province. Les avocats pullulaient partout5, mais on pouvait s'attendre à ce que leur nombre fût un jour dépassé par celui des prêtres. En ce temps où il eût fallu surtout agir, c'était trop souvent le règne des orateurs et des bavards. Je n'en regrette pas moins que ces orateurs nous aient laissé si peu de leur activité verbale : un sermon de Martin G nous eût appris plus de choses sur les croyances populaires que les redites monotones d'Hilaire sur la substance du Christ, et c'est grâce à une homélie de Victrice, conservée par hasard seule entre mille, que nous pouvons nous mêler à une Eglise municipale de Gaule, entendre ses prières, assister à ses dévotions, suivre ses pieux cortèges7. Et de même, un discours d'avocat devant le tribunal de Julien, accusant un gouverneur de province8 ou plaidant