‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 343 sur 473 · X. — LA SCIENCE EN DÉCLIN · texte numérisé non relu

X. — LA SCIENCE EN DÉCLIN

Je ne crois donc pas que l'intelligence humaine et le travail littéraire se soient affaiblis au cours de ce siècle. Tout au contraire, l'esprit remontait la pente où, depuis la fondation de l'Empire, l'avaient entraîné peu à peu la servilité politique, les lassitudes sociales et les déboires militaires.

Par malheur, cet effort, plus que jamais1, négligeait les problèmes de la science. Limitée aux hommes de l'élite, délassement plus souvent que devoir, la tâche intellectuelle allait volontiers aux œuvres aimables de la prose et de la poésie, dispensatrices de joies plus rapides. Elle évitait les peines et les angoisses qui accompagnent la recherche d'une vérité historique ou d'une loi de la nature, l'examen d'un problème de philosophie, l'invention d'un procédé pour dompter la matière. Depuis que la Grèce avait cessé d'enseigner le monde, il s'appauvrissait chaque jour en connaissances scientifiques2, et chaque jour aussi il perdait quelques-unes de celles que cette Grèce lui avait léguées3.

l.Cf. t. VI, p. 163-5.

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