‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 353 sur 473 · Cf. p. 346, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 346, n

6. La colonnade ou le portique n'ont entièrement rien perdu de leur vogue; les descriptions de villas (cf. t. VI, p. 204, ici, p. 184) nous les montrent toujours pour ainsi dire obsédants; ils demeurent la marque la plus nette du luxe

parvis ' et le nom même du monument, et l'on dira bientôt la basilique de Martin comme on avait dit la basilique Julienne ou celle de Paul-Emile.

Cependant, en art comme en littérature, on pouvait encore espérer qu'on sortirait de l'ornière gréco-romaine. Nous apercevons, sinon chez les artistes eux-mêmes, du moins chez les hommes d'esprit qui les jugent, le désir d'ouvrir aux peintres et aux sculpteurs le bénéfice de voies nouvelles. Assez de Bacchus, d'Hercules et de combats contre les Géants, disait devant Théodose un rhéteur gallo-romain : qu'on nous donne le spectacle des batailles de nos soldats, des fleuves traversés par nos armées, des montagnes franchies par nos colonnes 2. Les Chrétiens, d'autre part, en s'efforçant de reconstituer par l'image l'histoire humaine du Sauveur, depuis le berceau 3

ou do l'art architectural. Voyez en dernier lieu les essais de reconstitution de Mylius, qui font bien ressortir l'importance absorbante de la colonnade dans la construction des villas (Bonncr Jahrbiicher, GXX1X, 1924, p. 109 et s.).

1. Cf. t. VI, p. 221. — De même, c'est aux piscines des thermes que fut empruntée la forme de ces baptistères (tantôt circulaire, tantôt [plus souvent?] octogonale) que l'on commence à construire à côté des basiliques (à Primuliac [cf. p. 135, n. 6], il y a baptisterium basilicis duabus interposition; Paulin, Epist., 32, § l,c. 330).

2. Pacatus, Pan., XII, 44 : Artifices, vulgata illa veterum fabularum argumenta despicite, Herculeos labores et Indicos Liberi triumphos et anguipedum bella monstrorum, etc. La dernière représentation à moi connue des travaux d'Hercule est, dit-on, les dessins au trait, d'ailleurs informes, d'une scène de la coupe de Givors (cf. p. 197, n. 6, p. 117, n. 5); l'autre scène paraît être un ludus militaire, combat de trois soldats d'un corps (emblème du bouclier, à l'aigle aux deux têtes) contre trois d'un autre corps (rosace), peut-être interprétation, comme joute militaire, de la lutte entre Horaces etGuriaces; mais s'il s'agit des combats d'Hercule, ils ne me paraissent figurés que comme types de ludi militares : voyez le soldat joueur de corna qui donne le signal (p. 117, n. 5). — Dans la villa île Bourg (p. 184), scènes historiques en peinture, en mosaïque, ou peut-être même en tapisserie : 1° tirées de la guerre de Mithridate : Mithridate sacrifiant des chevaux à Neptune, Lucullus délivrant Cyzique, le soldat romain passant à la nage à travers la flotte ennemie pour annoncer la délivrance prochaine (Sidoine, Curin., 22, vers 158 et s.); 2" tirées de l'histoire primitive du peuple juif, primordia Judœorum [le passade de la nier Rouge?] (vers 200-1).

3. Un des rares sujets originaux traités parles artistes des sarcophages chrétiens d'Arles est la première! vie du Christ depuis l'enfance; il n'en reste que quelques fragments; Le Blant, Sarcophages d'Arles, p. 40 et pi. 29-30; en dernier lieu, Wilpert, Una perla delta scultura Cristiana, 1925 (extrait de la Ftivista di archeologia Cristiana).

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