Cf. t. VI, n. 75-6, t. IV, p
6. Election de Martin : incredibilis multitudo non solum ex illo oppido [Tours] sed etiam ex vicinis urbibus [les vici du diocèse? urbs a maintenant d'ordinaire un sens restreint] ad sujfragia ferenda convenerat; Sulpice, V. Mart., 9, 2.
prêtre populaire1, la plèbe chrétienne s'en remettait au clergé et en particulier aux évêques du voisinage. Après tout, n'était-ce pas Jésus qui avait choisi ses apôtres, et n'étaient-ce pas eux qui avaient appelé Mathias à devenir leur frère2? Un chef d'Eglise n'avait la qualité apostolique qu'après avoir reçu d'autres évêques la consécration et la communion3. L'épiscopat était une sorte de valeur ou de vertu mystique qui depuis le Christ se transmettait d'âge eri âge et de mains en mains*.
Les évêques sont donc devenus les interprètes du Livre :i. Ils se placent entre lui et les iidèles pour expliquer la parole de Dieu. Ce sont les réunions de ces prêtres, conciles ou synodes, qui fixent le sens des mots de la Bible, des épisodes de la vie du Christ, des préceptes donnés par Dieu ou par ses envoyés 8. Ces conciles sont les séances du sénat de la cité divine. Us règlent les différents objets de la croyance, les cérémonies du culte extérieur, les pratiques du service sacerdotal, les sanctions de l'unité chrétienne. Et jamais les hommes, dans le monde antique, n'avaient vu des assemblées de prêtres aussi nombreuses, aussi augustes, aussi impérieuses, que les réunions des évêques chrétiens, dispensatrices de la foi universelle7.
Les deux actes essentiels et symboliques qui caractérisent l'union des fidèles, qui font l'attache morale entre tous les frères dispersés dans l'univers, sont le baptême et la communion. Par le baptême, on entre dans la cité de Dieu, on est