II. — L'ÉGLISE RATTACHEE A L'ÉTAT
Mais ces chefs ne se contentaient plus d'être des privilégiés dans l'Eglise et le patriciat du peuple de Dieu. L'homme, même prêtre, est trop faible pourlimiter sa part d'amour-propre. Avantagés dans le corps des Chrétiens, les évêques et leurs auxiliaires acceptèrent de l'être aussi dans le corps de l'Etat; et, à leur suite, la cité de Dieu commença à se mêler à la cité des hommes, ou, ce qui revient au même, l'Empire ne cessa d'être le persécuteur de l'Eglise que pour se montrer son
1. La présence de vierges consacrées semble attestée pour la Gaule en 368 (Code Théod., XIII, 10, 4), et à Trêves vers 375 (t. VII, p. 250, n. 6); mais elle doit y être plus ancienne. — Dans le cortège formé pour recevoir à Rouen les reliques d'Italie, ce sont elles qui portent la croix (sermon de Victrice, § 3 , P. L., XX, c. 445) : devotarum inlibatarumque virginum chorus crucis portât insigne. — Il semble qu'il y en ait eu deux catégories, celles qui vivaient en commun et celles qui se consacraient vitœ solitariœ (C. Th., V, 3, 1). Le premier monastère de femmes cité en Gaule serait celui que Gassien fonda vers 415 à Marseille (cf. p. 235, n. 1). Jérôme parle pour la Gaule, ù la date de 405, d'une veuve et de sa fille, vierge, qui in eadem urbe divisis habitarent cellulis (Epist., 117, § 1, P. L., XXII, c. 953). — Arborius, vir prsefeclorius (c'est le neveu d'Ausone), voue lui-même sa fille perpetuœ virginitati, et la fait consacrer par Martin (Sulpice, V. M., 19, 2). Fiancée qui renonce au mariage pour se consacrer à Dieu, ;t Trêves vers 375 (t. VII, p. 250, n. 6). C'est sans doute à propos des vierges de son diocèse que Victrice interrogea Innocent, l'évoque de Rome, et que celui-ci lui répondit que « celle qui aura violé son serment ne doit pas être admise à faire pénitence, tant que son complice sera de ce monde » (fîp., 2, eh. 13, § 15, Patr. Lut., XX, c. 479).
2. Citées dans le cortège de Rouen (p. 343). — Le concile de Nîmes, § 2 (cf. t. VIL p. 307, n. 1) avait formellement interdit l'attribution aux femmes (sans doute proposée parles Priscillianistes) d'un emploi religieux, ministerium levilicum.
3. Cités dans le cortège de Rouen (p. 343), Continentes; cf. C. Th., XVI, 2,20, loi de 370, qui semble attribuer ù ce titre une valeur légale. Ce peuvent être les mêmes que ceux qu'on signale et Trêves vers 375 (t. VII. p. 250, n. G).
4. Innocentiùm puerorum perstrepit sonora Ixlilia, dans le cortège de Rouen (p. :t43) : ils y chantent doue les chants sacrés (p 292, n. 4).
5. Cf. Code Théod., V, 3, 1, pour l'énumération des personnes chrétiennes privilégiées.