LEVEQUE ET LE PRINCIPE MUNICIPAL
protecteur, ce qui fut souvent pour elle un malheur pire que l'autre.
On a vu les rapides progrès de ce mal sous Constantin et ses fils : les évêques exemptés des impôts1, autorisés à se servir de la poste à la manière des fonctionnaires publics2, leurs conciles convoqués par l'empereur, et celui-ci confirmant leurs décisions3, exilant les excommuniés4, imposant un formulaire de foi5, et le dogme transformé en un article d'obéissance civique. On ne soumet encore que les chefs d'Eglises à ces ordres publics, mais c'est pour qu'ils les dictent aux fidèles. Le prince, à l'appel des prêtres, s'est arrogé le droit de surveiller la discipline de la communauté chrétienne; le maître de l'Empire romain est le patron de la cité de Dieu, la domination de l'Etat s'établit à nouveau sur la fraternité libre, le Christianisme a répudié son principe originel6. Et à la colère de saint Martin7, les évêques d'Occident, maintenant semblables au grand prêtre Caïphas, appellent et provoquent, pour condamner leurs adversaires, le bras séculier des héritiers de Tibère ou de Ponce Pilate.