‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 364 sur 473 · Plus haut, p. 19 et s.; plus bas, p. 305 et s · texte numérisé non relu

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que celui de l'administration impériale : c'est le principe municipal, auquel elle s'est accommodée dès l'origine et dont elle ne se détachera plus1, — un évêque par cité et un évêque dans chaque cité, les limites de son autorité correspondant à celles du territoire municipal, le prélat ayant son siège2 dans le chef-lieu de la cité, et l'église de cette cité étant le lieu souverain des pieuses assemblées 3 où se grouperala plèbe de tout le diocèse. Ce sanctuaire éminent du chef-lieu n'est plus, il est vrai, le seul lieu de prières dans ces immenses territoires que sont les cités de Tours, de Sens ou d'Autun. On ne peut exiger d'un Chrétien de Blaye qu'il suive les offices à Bordeaux 4, ni d'un fidèle de Levroux qu'il célèbre la Pâque à l'église de Bourges 5. Depuis un demi-siècle, les oratoires se sont multipliés loin des centres municipaux; Martin en a fondé un grand nombre dans les bourgades de la campagne6; les seigneurs commencent

1. Cf. p. 151, n. 4. — Remarquez que lorsque Maximin organisa un clergé païen à l'imitation de l'épiscopat, il prit également pour base le système municipal, sacerdotes maximos per singulas civitates; Lactance, De m. p., 36. Cf. p. 306, n. 1.

3. Conventiculum ritns Chrisiiani, synonyme d'ecclesia, à Cologne; Ammien, XV, 5, 31 ; cf. t. VII, p. 96, n. 2 et 4, ici, p. 293, n. 4.

4. C'est ce qui explique sans doute l'installation à Blaye d'un lieu de prières sous la direction de Romain, peut-être disciple de Martin (Grégoire, In gl. conf., 45) ; remarquez que Blaye esl un port, comme tant d'autres paroisses primitives (p. 207, n. 1). Le fait que le port de Nice, tout en dépendant de la municipalité de Marseille, en était géographiquement distinct et était un port important (t. VI, p. 304, n. 1), explique pourquoi elle a été peut-être la première grande paroisse rurale constituée (dès 314; p. 295, n. 7, p. 296, n. 1), et fut si vite transformée en évéché (avant 381; cf. t. VII, p. 305, n. 3). — Sur ces questions, Imbart de La Tour, Let Paroisses rurales dans l'ancienne France, 1890 (Revue historique). VA. I. Vil, p. 270-2, en particulier p. 270, n. 3, p. 272, n. 3, ici, p. 152, n. 2.

5. Cf. Sulpice, V. Mart., 14, 3 et s. Ausone, près de son domaine de Poitou (cf. p. 133, n. 4), parle de celebri frequens ecclesia vico (Epist., 25,94).

0. P. 315. Voyez le concile de Cologne, mentionnant, sous le nom de castra, les « paroisses » de la « plèbe > chrétienne de la Germanie Inférieure (cf. t. VII, p. 149, n. 6) : il entend par castra sans doute les paroisses rurales, encore que l'existence en paraisse surprenante pour cette date; et c'est peut-être dans le môme sens (t. VII, p. 70, n. 2) qu'il faut interpréter les castra sanctorum marseillais de la plus ancienne Vie de saint Victor (v* siècle ; 21 juillet, V, p. 144). Je me demande, dans ce cas, si les castra mentionnés dans la Notifia Galliarum n'ont pas également le sens, non pas de lieux fortillés, mais de grandes paroisses organisées (Not. Gall., 1, 0-7 : Clialon et Mâcon, dans les cites des Éduens; 9,6-9 : les castra de Windisch, Yverdon, Horbourg et Augst, dans la cité des Helvètes;

l'ëvèque et LE PRINCIPE MUNICIPAL. 303

à en établir sur leurs terres l; il s'en créera plus tard dans les faubourgs ou les quartiers excentriques des villes les plus peuplées2. Paroisses rurales ou paroisses urbaines, chacun de ces lieux sacrés aura son autel, son prêtre et sa communauté de fidèles. Mais il n'y a qu'une église qui puisse vraiment porter ce nom solennel, ce titre d' « assemblée », et c'est l'église qui ajoute à ce titre celui d'une cité, « église de Tours » ou « église des Arvernes », celle du chef-lieu municipal; elle seule a siège et chaire d'évêque, elle seule est cathédrale3. Et il n'y a d'évêque que chez elle et par elle.

Des incertitudes ou des résistances se sont manifestées ça et là dans les Gaules. Quelques chefs-lieux de cantons ruraux reçurent parfois un évêque4; peut-être les plus riches propriétaires ont-ils émis la prétention d'en avoir un pour leur domaine". Mais le système municipal ne tarda pas à prendre

15, 9 : Uzès, dans la cité de Nîmes). Peut-être faut-il voir encore une paroisse dans le portus Abucini de celte môme Notitia (9, 10; Port-sur-Saôno, cf. t. VI, p. 433, n. 5); sur la tendance des Chrétiens à établir des paroisses dans les ports, ici, p. 207, n. I. Les petits évêchés d'Agde, Toulon, Ceyresie, Garguier, etc. (p. 303, n. 4) ont dû n'être d'abord que des paroisses rurales, mais très anciennes (tes dernières, les castra de Victor?). La paroisse rurale bien constituée apparaît pour la première fois en Gaule dans un texte de Sulpice (Epis t., 3, g G), sous le nom de diœccsis (Condacensem diœcesim, Caudes) : elle date de Martin (t. VII, p. 270).

1. Sulpice Sévère dans le domaine de Primuliac, ecclesia domestica; Paulin, Epist., 31, 1, c. 325. Cf. ici, p. 152, n. 2, p. 153, n. 3, p. 131, n. 4.

2. Je n'en ai trouvé encore aucun exemple pour le iv" siècle et je ne peux placer ici les castra marseillais (p. 302, n. G). —Je ne parle pas ici des basiliques suburbaines (cf. p. 313, n. 5), mais seulement des lieux de réunion ayant pour élément constitutif, non pas le culte topique d'une tombe ou d'une relique, mais un groupement administratif ou social, civitas, vicus ou villa.

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