T. IV, p. 420; ici, texte et notes des p
besoin de discipline et de hiérarchie, une invincible attraction vers les cadres et les formules de l'autorité impériale1.
Toujours est-il que dès lors l'évêque des chefs-lieux de provinces est traité d'évêque métropolitain, et que les autres évêques sont regardés par lui comme ses suffragants. Il ne les nomme pas, mais il participe à leur élection, il doit leur apporter son suffrage et les investir de l'insigne de leur dignité. Pour eux, il sera un peu ce qu'est un gouverneur pour les magistrats municipaux, un guide et un contrôleur. Il représente au-dessus d'eux un pouvoir supérieur, et l'ensemble de leurs diocèses forme sa province2.
1. Remarquez que Maximin, dans sa singulière organisation du culte païen (p. 302, n. 1), avait voulu placer les prêtres métropolitains au-dessus des prêtres municipaux, provinciis ex altiore dignitatis gradu singulos quasi pontifices super poner et; et il est bien évident que les prêtres du culte provincial avaient été supérieurs en dignité aux prêtres municipaux (t. IV, p. 427, 441, 446-7). Mais ces prêtres provinciaux n'étaient pas, du moins en principe, des prêtres municipaux (ce qu'ont toujours été les métropolitains chrétiens). 11 est vrai que la chose a pu se produire ou s'établir peu à peu : et nous aurions alors là un des éléments originels du système métropolitain chrétien. Et je ne puis affirmer, comme on le croit d'ordinaire, que Maximin (mort en 313) s'est inspiré de l'Église chrétienne. On ne pourrait le dire que de Julien (p. 337, n. 7, p. 345, n. 2).
2. Le plus ancien texte où l'on pourrait voir poindre en Gaule le système des métropoles, à l'imitation de ce que le concile de Nicée avait sanctionné pour l'Orient (§ 4; Hefele-Leclercq, I, p. 539 et s.; Mansi, II, c. 686), serait chez Athanase [Apol. de fuga, § 4, P. Gr., XXV, c. 649), appelant l'évêque de Trêves Paulin (t. VII, p. 158), <j Tîjç firirpoTT^-ew; twv raXXiwv : mais il est visible qu'il ne s'agit que de la prééminence politique de Trêves. Viendrait ensuite, en 378, la lettre de Gratien à Aquilinus, qui semble bien indiquer le désir des empereurs de conlier aux évoques des métropoles une prérogative disciplinaire, le règne de Gratien et le pontilleat contemporain de Damase demeurant le temps capital en toute affaire de hiérarchie et discipline catholiques : Omnis ejus causse dictio ad metropolitani in eadem provincia episcopi deducatur examen, vel, si ipse metropolitanus esl, Romani, etc. (Collectio Avellana, dans l'édit. Gùnther, Corpus de Vienne, XXXV, p. 58). Le droit du métropolitain est définitivement consacré pour la Gaule par le concile de Turin en 401 (§ 1 et 2; Rabut, p. 224-6) : remarquez les expressions prseetse ecclesiis,... pater honorât consacerdotes suos ut Jilios,. .. dignilas primat us, etc. ; et encore, dans la lettre du pape Innocent à Viclrice de Rouen (S 1, Pair. Lai., XX, c. 471), ut extra conscientiam melropolitani i\>iscopi nnllus audeat ordinare; Innocent ne fait d'ailleurs que répéter la décrélale de Sirice [nu Damase?] ad Gallos (§ 18, l'atr. Lut., XIII). — Il semble qu'au début du v" siècle on ait fait intervenir, pour justilier les prétentions de l'évêque de la ville métropolitaine, une considération d'ordre historique et non politique : que son siège aurait été fonde à l'époque ancienne par un envoyé direct des apôtres ou tout au moins des successeurs des apôtres à Rome, et que de la métropole serait partie l'évangélisation de la province ; et l'on devine l'importance que pouvait prendre cel argument,