‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 370 sur 473 · LA SUPREMATIE DE L EVEQUE DE ROME · texte numérisé non relu

LA SUPREMATIE DE L EVEQUE DE ROME

romain'. C'est celui-ci peut-être qui, un demi-siècle plus tard, envoya au delà des Alpes la grande mission des sept évangélistes2. La forte personnalité d'IIilaire n'empêcha pas que l'on ne regardât l'évêque de la Ville Éternelle comme « l'évêque principal », le premier de tous3. Derrière l'œuvre de saint Martin de Tours, je me demande s'il n'y a pas les conseils, les exhortations ou même les décrets particuliers du pape \ Son ami Victrice, évèque de Rouen et apôtre dans les Flandres", est en rapport intime avec le siège de saint Pierre : il sollicite de lui des instructions et des règlements; il désire connaître de lui les principes qui lixontsurle Tibre la discipline ecclésiastique, et il veut y soumettre son diocèse : car la règle

1. T. IV, p. 511. Comparez l'expression d'Irenée sur l'Église de Rome, potior principalitas (nous n'avons que la traduction latine; Adv. air., :t, 3, 2, Patr. Gr., VII, c. 849; Harvey, p. 9), à celle dont se serl Ammien Marcel lin pour celte même Kglise (ici, n. 3) : en dépit de l'opinion courante, je préfère encore, comme les anciens éditeurs d'Iréuée, la leçon potior à celle de potentior; [renée a dû écrire, comme me le dit Puech, /.pîcTTwv.

2. T. IV, p. 300. L'origine romaine de la mission est invoquée en 410 par le pape Innocent (p. 308, n. :{) et en 417 par le pape Zosime (Bpist., 1, g 3, c. 045; § 5, c. 000: g G, c. 007; cf. ici, p. 300, n. 2).

3. La chose est nettement attestée, ce qui est capital, par un écrivain païen, Ammien Marcellin, et en termes qui rappellent ceux d'Irenée (cf. n. 1), auctoritate potiore Aiternx Urbis episcopi (à la date de 355; XV, 7, 10). — Remarquez qu'une des premières décrélales pontificales, et peut-être la première (attribuée d'ordinaire à Sirice, 384-399; à Damase , 300-384, par Rabut, La plus ancienne Décrétale, 1904), est adressée ad Gallos episcopos, et qu'elle insiste sur les règles de l'Église de Rome (Patr. Lot., XIII, c. 1181 et s.). — Cf. t. Vil, p. 128, n. I.

4. Cf. t. VII, p. 209, n. 1. Remarquez le mot de Sulpice Sévère sur Martin (V. Mart., 20, 1), in solo Marlino apostolica auctoritas, lequel pourrait bien être une allusion à une entente particulière de Martin avec le siège de Rome. — Il serait intéressant de savoir quelle position ont prise les évèque* de Gaule dans la concurrence qu'ont pu se faire les sièges de Rome et de Milan, et notamment au temps d'Ambroise, concurrence qui eut son origine dans le rôle que les empereurs ont fait jouer à Milan comme résidence du souverain (t. VII, p. 59, 248, 320), mais concurrence dont je crois qu'on a exagéré l'importance (Duchcsne, Origines du culte chrétien, p. 32 et s.). Les indices qui marqueraient une influence d'Ambroise sur les évèques de Gaule sont fort peu signilicalifs, et se ramènent à l'envoi de reliques des saints milanais Gervais et Caprais (cf. p. 320; Grégoire, Hist., X, 31, p. 444, Arndt; Victrice, De laude sanctorum, § 2, P. L., XX, c. 445; Corp. inscr., XII, 2115). En revanche, Sulpice Sévère regarde évidemment Martin comme indépendant d'Ambroise et supérieur à lui, virum altiuris ingenii (Dial., I, 25,0; cf. p. 340, n. 3).

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