Ici, p. 234, u. 4; cf. t. VII, p. 70, n
le sarcophage où reposait l'évêque Seurin dans le grand cimetière de Bordeaux1, et mille tombes, mille endroits de ce genre2, devinrent centres de pèlerinages, lieux d'oratoires, et, en attendant de donner naissance à des villages de prêtres et de dévots3, formaient déjà des enclos divins pareils à celui d'une église au-dessus d'un autel*.
Par l'autel et par la tombe, le Christianisme faisait donc revivre ou durer les habitudes séculaires qui avaient groupé les Gaulois sur des espaces de leur sol, et qui les y courbaient devant les pierres fixées en ces espaces. Alors s'opéra, et très vite, la continuité historique entre la Gaule du Christ et celle des anciens temps.
Dans les chefs-lieux de diocèses, réalise épiscopale, une fois consacrée, devint aussi immuable que l'avait été jadis le temple de Jupiter au Capitole ou l'autel d'Hercule au Palatin. Elle et les basiliques5 reçurent, pour les désigner chacune, le nom
1. Au début du v° siècle; Grégoire de Tours, In gl. conf., 44; cf. p. 234, n. 4. — Sur ce cimetière, Courteault, Revue des Et. anc, 1910, p. 07; 1911, p. 331.