‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 376 sur 473 · Cf. t. II, p. 134-5, t. VI, p · texte numérisé non relu

Cf. t. II, p. 134-5, t. VI, p

.;. Je le suppose du moins, et je croirais volontiers que la majorité de nos cathédrales ont été constituées sur des terrains de temples concédés aux évêques par Constant ou Constance II, terrains d'ordinaire choisis au voisinage immédiat du rempart (p. 230, n. 1). La Cathédrale de Tours est nettement affirmée par Grégoire comme de ce temps (/?. Fr., X, 31, p. 443).

6. Code Thdod., XVI, 10, 20 : loi de 415, mais faisant allusion multiplicibus constituas. Il est probable : 1° que les biens restitués aux villes par Julien (cf. p. 1534;

ce fut sans doute pour qu'elles pussent utiliser les locaux. La grotte de saint Victor faisait partie du cimetière antique de Marseille, où l'on enterrait depuis près d'un millénaire ' ; et toutes les tombes vénérées des sanctuaires suburbains de France, celles de saint Marcel cà Paris2 ou de saint Seurin à Bordeaux3, reposaient au contact de nécropoles païennes bordant selon l'usage les routes qui sortaient de la ville.

Pour les paroisses rurales, on procédait plus franchement encore, presque brutalement. Martin, dans tous les villages où il passait avec quelque chance de succès, allait droit au temple du lieu, y détruisait les idoles, érigeait l'édifice de son Dieu, et y installait moines ou prêtres4. Et ainsi, à Amboise5, à Levroux6, dans cent autres bourgades, la vie religieuse continuait aux mêmes endroits et pour ainsi parler sur les mêmes pierres1.

Code Théod., X, 3, 1) étaient des bona templorum assignés par Constance II aux Églises; 2° que lorsque Gratien réunit aux biens privés du prince les loca religieux des païens (XVI, 10, 20), ce fut pour en assigner une partie au culte chrétien, ce par quoi s'explique l'œuvre de Martin (p. 315, n. 4).

1. Cf. ici, p. 2:J2, n. 4, t. VI, p. 315, n. 7, t. I, p. 211, n.2.

4. Ubi fana destruxerat, statim ibiaui ecclesias aut monasteria construebat (Sulpice, V. Mart., 13,9; cf. t. VU, p. 20S-27Û). Évidemment, la chose n'était possible que s'il y avait en même temps transfert légal de propriété, d'autant plus que le» empereurs ont été plus respectueux des temples ruraux que des temples intra muros (C. Th., XVI, 10, 3).

5. Sulpice, DiaL, III, 8,4 : In vico Ambatiensi, id est castello veteri, quod nunc frequens habitatur a fratribus : il semble par là qu'il s'agit de la bourgade ancienne d'Amboise, alors à moitié détruite ou en partie abandonnée, et que Martin ait pu sans peine y installer un prêtre (peut-être même l'installation fut-elle antérieure à son épiscopat, consistenti presbytero). Amboise était dans le diocèse de Tours. Voyez le récit de Sulpice sur la destruction du sanctuaire; ici, t. VII, p. 269, n. 7.

6. Leprosus, dans le diocèse de Bourges; destruction du temple; V. Mart., 14, 3 et s.; ici, t. VII, p. 269, n. 7. — Je crois qu'il s'agit, dans tous ces cas, de villages ou bourgades libres, ne relevant pas d'un grand seigneur, et peut-être parfois dépendant d'un grand sanctuaire, dans le genre par exemple du vicus sanctus de Nanterre (p. 316, n. 2). Et remarquez que précisément Nanterre est une des paroisses les plus anciennes du territoire parisien (Grégoire de Tours, //. /<>., X, 28). Il semble que dans le cas de Nanterre et dans bien d'autres, la paroisse chrétienne se soit simplement substituée au terroir d'un sanctuaire.

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