‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 394 sur 473 · T. VI, p. 40, en particulier n · texte numérisé non relu

T. VI, p. 40, en particulier n

par les gens de la campagne; des prières violentes allaient à elle, des images ou des fétiches rappelaient son pouvoir; on signalait sa présence à de certains lieux, à de certaines heures. Mais cette Diane est maintenant si peu l'accorte chasseresse, sœur d'Apollon ! Elle concentre en elle toutes les forces mystérieuses des ténèbres et de la sorcellerie, elle est celle qui commande à la nature et qui engendre ou qui arrête la vie, elle ressemble à la Terre des millénaires ligures ou à la Mère des Dieux adoptée par les Gaulois au temps des Antonins1. Et c'est pour cela qu'elle ne veut point disparaître2.

Car ce sont encore des puissances que ces divinités supérieures de la terre et du ciel, la Grande Mère et le Soleil, auxquelles la Gaule est revenue il y a deux ou trois siècles. C'est à elles surtout que Julien a adressé son appel pour combattre le Christ3, et il semble qu'elles l'aient entendu. Ce combat, elles le livrent avec des armes semblables à celles de l'Eglise : ce sont des religions de tristesse et de joie, de baptême et de renouveau, de mystères et de symboles. Et en outre, elles trouvent leur appui darts les antiques affections des hommes : la Mère protège les cités, elle veille près des sources, elle promène son char le long des champs, elle aime les taureaux et les béliers, chefs et créateurs des troupeaux, et elle ouvre aussi les yeux à l'enfant qui vient de naître4; et le Soleil luit toujours sur les collines saintes, et il dompte ou chasse les nuages, comme les cavaliers célestes des anciennes fables maîtrisaient les dragons ou les Titans !i. Tous deux sont si intimement mêlés aux angoisses et aux souhaits des paysans et du populaire, que les Chrétiens

1. T. I, p. 142 et s.; t. Il, p. 123; t. IV, p. 483 et s.; t. VI, p. 91 et s. — Sur l'analogie de Diane avec ta Mère, <f. t. VI, p. 40, n. 6.

2. Grégoire, Ilist., VIII, 15. Cf. Grimm, Deutsche Mythologie, 4e éd., I, p. 235-7, II, p. 792 et 972. — Encore y a-t-il sans doute, dans cette survie du nom do Diane, plus d'éléments Littéraires que populaires.

4. Cf. I. VI, p. 92-93, t. VII, p. 206-7. .".. Cl. t. VI, p. 95-97.

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