‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 406 sur 473 · XII. — LENTEUR DES PROGRÈS MORAUX ET SOCIAUX · texte numérisé non relu

XII. — LENTEUR DES PROGRÈS MORAUX ET SOCIAUX

Par malheur, en se mettant ainsi à l'école du passé, en accueillant les leçons ou l'héritage de la civilisation antique, l'Eglise, pour une trop grande part, acceptait les misères ou les vices de la société qui venait de l'adopter. En élevant de superbes basiliques, elle rendait leur place aux marchands du temple.

Il lui restait toujours le mérite suprême d'affirmer solennellement les principes d'égalité sacrée, de fraternité, de charité ', qu'avaient annoncés les paroles du Christ et de saint Paul; et je pense que des hommes comme Martin, Paulin et Sulpice ont su les appliquer2. Grâce au Christianisme, le pauvre était devenu un citoyen éminent dans la cité de Dieu3; on pensait à lui tout d'abord; de vastes et utiles générosités furent faites par les plus riches de ce temps, Sulpice4, Paulin5, les deuxMélanies6; la misère eut son douaire dans les Eglises ; et Julien lui-même avouait qu'il était honteux pour l'Etatromain de voir les Galiléens suffire à nourrir tous leurs pauvres et même ceux des païens7. Distribuer ses revenus aux malheureux fut le mot d'ordre8 de ceux qui savaient entendre le précepte de Jésus : « Laisse-là tes biens et suis-moi »a. Le plus bel éloge qu'un Chrétien désirât

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