J'emploie ce mot dans son sens général
8. L'usage d'un siège surélevé est constaté à Tours après la mort de Martin, et
sa grâce, il peut dispenser la santé aux malades, le pain aux affamés, et parfois même rendre la vie aux morts l ; c'est lui qui, à toute heure, apporte l'espérance aux affligés, « la bonne nouvelle » à tous 2. Il est vraiment roi sur des milliers d'âmes3, et c'est le signe des temps nouveaux.
Il faut voir cet évêque et sa cité 4 dans les journées solennelles et quasi divines où il semblait que Dieu lui-même visitât son peuple avec le cortège de ses saints 5. Ce fut par exemple, à Rouen, le jour où Victrice vint au-devant des reliques qui arrivaient d'Italie 6, restes merveilleux de corps sacrés qui allaient rendre à la ville la joie et la santé et l'appeler à une nouvelle existence 7. Comme émotion des âmes, comme sincérité d'allégresse, comme multitudes humaines, l'entrée des saintes reliques dépassait tous les spectacles et toutes les céré-
sans doute introduit par Brice; Martin ne s'asseyait jamais dans son église: in ecclesia nemo umquam illum sedere conspexit sicut quendam [doit être Brice] nuper, testor Deum, non sine pudore vidi sublimi solio et quasi rcgio tribunali celsa sede residentem (Sulpice, DiaL, II, 1, 3).
1. C'était la suprême marque de la sainteté épiscopale; pour Martin (il a ressuscité un mort avant d'arriver à l'épiscopat), Sulpice, V. M., 7, 6; pour Hilaire, Fortunat, V. Hil., I, 12, § 45, p. 6, éd. Krusch; pour Ambroise, voyez sa Vita par Paulin, § 28, P. L., XIV, c. 37. C'était la marque, dit Sulpice (V. Mart., 7, 6), qu'on était non seulement sanctus, mais potens et vere apostolicus (cf. p. 290, n. 3). — Tous ces actes merveilleux des évêques se ramenaient à des types consacrés, lesquels du reste étaient consignés dans la vie du Christ. Et la résurrection d'un mort était la preuve la plus nette de l'affinité morale avec le Christ, de la transmission de la vertu apostolique.