‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 416 sur 473 · Pour tout cela, voyez la Vita Martini · texte numérisé non relu

Pour tout cela, voyez la Vita Martini

3. C'est le mot que dira plus tard Cliilpéric : Nulli penitus nisi soli episcopi régnant (Grégoire, Hist., VI, 46).

4. Je m'inspire du sermon de Victrice (p. 333, n. 6), que les historiens de la littérature chrétienne ont singulièrement négligé, et qui est vraiment un des plus beaux morceaux de ce temps, l'équivalent chrétien, avec une grande supériorité morale et littéraire, par exemple du Panégyrique sur l'entrée de Constantin à Autun en 311 (t. VII, p. 116, n. 2). Il a dû être prononcé vers 396-7.

5. Maximapars cœlestis militiœ nostram dignatur viserc civitutem; Victrice, § 1, c. 443.

6. P. 319, n. 5. 11 les rencontra (§ 1) quadragesimo lapide en venant de Rouen; je ne sais à coup sur s*il s'agit de lieues (cela ferait 90 kil.) ou de milles (60 kil.) : mais, comme 90 kilomètres nous mènent, sur la route d'Italie qui est celle de Paris, du côté de Pontoise, c'est-à-dire à la frontière commune de la cité de Rouen et de la cité de Paris, (m peut supposer qu'il s'agit de lieues, et que Victrice sera venu chercher les reliques, comme il était naturel, à la limite de son diocèse.

7. Ut jam nobis liabitandum sit inter turbas sanctorum et inclytas cœlestium potestates; § 1.

monies que la Gaule avait encore vus ', même l'approche d'un empereur avec son escorte de cuirassiers et le flamboiement de la pourpre de ses dragons \ Autour ou en arrière de l'évêque se montraient en rangs pressés tous les privilégiés de la vie religieuse, ceux que Dieu lui-même avait marqués de son empreinte3 : les prêtres, placés suivant leur grade, classés comme des comtes de prince4, les veuves chères entre toutes à l'Église s, les vierges dans l'habit immaculé de leur consécration 6, portant à tour de rôle le glorieux insigne de la croix 7, les enfants attachés aux pieux services du culte 8, puis les confréries des jeunes gens qui avaient fait vœu de chasteté 9, et l'armée innombrable des moines au sombre costume et au visage émacié 10. Et de tous ces groupes qui se succèdent les chants montent en rafales vers le ciel ".

J'imagine que ce sont surtout ces troupes de moines qui attiraient l'attention et provoquaient la stupeur des vieillards nourris dans la gaieté des fêtes païennes. La Gaule n'avait encore rien connu de pareil. En une génération, ces hommes avaient subitement comme poussé partout sur son sol. Il y avait

1. Le contraste entre cette procession sacrée (tropwa martyrum porlamus, triwnphorum, pompa, etc.) et les entrées des empereurs (sœcularium principum) est très longuement décrit par Victrice, § 12, c. 454-5.

2. Je songe à l'entrée de Constance à Rome en 357; Annnien, XVI, 10, 7 et 8.

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