‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 418 sur 473 · Je songe à Brice de Tours; t. VII, p. 304, n · texte numérisé non relu

Je songe à Brice de Tours; t. VII, p. 304, n

8. Sur les moines trafiquants, qui se metlenf à deux ou trois pour faire le commerce dans les petites villes (urbes, castella), cf. le texte de Jérôme, Bpist., 22, S 34, P. L., XXII, c 419. De même, Sulpice Sévère, V. Mart., 10, G : lùnrre mit vendere, ut plerisque monachis moris est.

0. Ce sont les moines gyrovagi des Règles de saint Benoit (§ 1, p. 8, Wœlfllni). Kt il est très probable <|u"ils sont visés par le texte des Actes du concile de Nîmes (Ilefele-Leclercq, II, p. 92; cf. ici, p. 208, n. 2).

évêques, il a aussi, comme FEmpire des Césars, ses Bagaudes avec les moines chemineaux.

Qu'on ne dise pas que les temps anciens, eux aussi, avaient eu leurs prêtres en nombre infini d'espèces. Entre les pontifes ou flamines municipaux et l'évêque, entouré de ses clercs et de ses moines, la différence est aussi grande qu'entre le Christ et Mercure ou Jupiter. Jadis, chaque prêtre avait eu son dieu, et des milliers de dieux avaient eu des milliers de ministres. Maintenant, le Christ est le seul Dieu, la Bible est le seul livre, et l'évêque est le seul pasteur1. Une extraordinaire puissance d'unité morale et de communion mentale réside en la religion nouvelle. Aux cultes séparés a succédé une piété de cohésion. Les prières ne se dispersent plus, au gré de chacun, entre l'autel de la Mère ou le temple de Mercure; l'obéissance ne va plus, suivant la fête de l'heure, au flamine de la cité ou au pontife du Soleil. De la première à la dernière heure de la journée, du premier au dernier jour de l'année, on ne connaît qu'un Dieu et on n'est soumis qu'à un seul de ses apôtres.

Cette concentration des pensées et des forces religieuses est le résultat social le plus apparent qu'ait produit le Christianisme2. La dévotion ne devint pas plus intense3, mais elle ne fut plus livrée aux initiatives individuelles4, elle se fit moins spontanée et plus disciplinée. Quelles que fussent leurs conditions humaines et leurs aspirations intimes, tous les Chrétiens d'une cité ne formaient qu'une seule « assemblée », le culte avait créé l'Eglise, la croyance avait uni la cité, la

1. A Ja rigueur, on pourrait rapprocher l'épiscopat du pontificat municipal perpétuel et souverain (cf. t. IV, p. 344) : mais ce pontifex ne put jamais être qu'un intendant de cérémonies, et nullement un directeur d'âmes.

2. Julien, qui, malgré ses puérilités, demeure un des plus intelligents souverains de Rome, a dû comprendre cette puissance de l'autorité épiscopale et de la communion en un seul Dieu, lorsqu'il rappelle au grand prêtre de la Galatie (p. 337, n. 7) que lui, grand prêtre, est le chef, ap^stç y«P aÙTÔç, et qu'il faut prier la Mère « unanimement », iravor,(i£t.

3. Cf. t. VI, ch. I, en particulier p. 70 et s., ch. IV, p. 235 et s., t. II, ch. V, § 20.

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