Cf. t. VII, p. 286 et s., p. 308, n
5. S'il en avait été autrement, on n'eût pas fait constamment appel aux troupes de Gaule; on méprise en Gaule le soldat grec (Paneg., IX, 6). — Je ne parle pas des Illyriens, toujours soldats de premier ordre (cf. p. 94, n. 4).
6. Voyez l'importance des tirones, de la juventus levée en Gaule par Julien; Ammien, XX, 8, 15, où l'on parle de consumpta pœne juventus. De môme, sous Valentinien : Zosime, IV, 12, 2; sous Magnence (cf. p. 78, n. 3) : Julien, Orationes, I, p. 34 d, Sp. Il est évident qu'en cas de danger pour la Gaule, c'était à elle qu'on demandait les recrues extraordinaires (cf. p. 78, n. 2 et 3), ce qui d'ailleurs n'était pas de justice absolue, l'Espagne, par exemple, bénéficiant pour une très large part de la force de l'armée gauloise.
saient l'étonnement des Grecs1; et ceux-ci admiraient qu'un Gaulois ne se refusât jamais à servir, et qu'il ignorât la pratique italienne de s'amputer le pouce pour échapper aux agents du recrutement2.
Les légions3 ou les troupes4 formées avec ces hommes5
1. Ammien Marcellin est d'origine grecque; XXXI, 16, 9. Cf. I. V, p. 21.
2. Ad militandum omnis œtas aptissima, elc, nec eorum aliquando quisquam ut in Italia munus Martium pertimescens pollicem sibi prœcidit; Ammien, XV, 12, 3. De même, VExpositio, § 58, p. 122, Riese : Omnis regio viros habet fortes et nobiles in bello : itaque plurimum exercitum etfortia Gallorum esse dicuntur. Viris semper forlibus Gallia abundavit, dit Jérôme, ici, p. 261, n. 8.
3. Je suppose que la légion continue à être formée en principe des recrues d'origine romaine. Les deux légions qui firent merveille au siège d'Amida en 359 (p. 7l.)-80), ne sont jamais appelées que légions de Gaulois (Ammien, XIX, 6, § 3, 4, 7 et 9) : elles avaient été levées par Magnence et Décence (t. VII, p. 153-5), d'où leurs noms de Magnentiaci et Decentiaci, et on les avait, après la défaite de Magnence, expédiées en Orient, ut fallaces et turbidos (Ammien, XV11I, 9, 3). Jen'arrive pas à en trouver trace dans la Notitia : car les corps d'armée ont sans doute subi plus de modifications au iv* siècle que dans les trois premiers siècles, de l'Empire.
4. Car beaucoup de recrues indigènes servaient dans les troupes auxiliaires; Végèce, II, 3; cf. ici, p. 77, n. 3.
5. On peut supposer, comme formés à l'origine ou à un moment donné de recrues gauloises, les corps appelés Gallicani. Il y a à ce nom dans la Notitia d'Occident : 1° la légion de campagne (comitatensis) des Lanciarii Honoriani Gallicani, en garnison en Gaule, et qui doit être de création théodosienne (5, 239; 7, 81); 2° une autre légion de même nature, de même date et également en Gaule» les Honoriani Felices Gallicani (5, 247 ; 7, 89) : l'une et l'autre peut-être simples dédoublements du même corps et sans doute constituées après la défaite d'Arbogast; 3° la légion de garnison dite Prima Flavia Gallicana Constantia, qui a dû être créée par le premier Constance ou Constantin et peut-être pour la défense de l'Armorique, où elle se trouve en 400 et à Coutances même (Constantia; Not., 37, 20; 7, 90; 5, 114 et 264) : peut-être parce qu'elle portait, comme la ville, le nom du célèbre empereur, n'a-t-elle jamais quitté ce lieu de garnison; 4° le corps des auxiliaires palatins Sagittarii Nervii Gallicani, demeurés en Gaule (7, 75; 5, 211); 5°-8° le* juniores des quatre corps auxiliaires palatins des Jovii, Maltiaci, Atecotti et Felices [?] (7, 7o-78; 5, 212, 209, 217, 218), les trois premiers également en Gaule, et tous peutêtre comme effectif, sinon comme vocable, de levée théodosienne (un Bordelais a servi dans les Mattiaci?p. 11, n. 3) ; 9° et 10° en lllyrie, je trouve le corps palatin de* Mattiarii Honoriani Gallicani (7, 52; 5, 220), expédié là sans doute aussitôt après sa formation en Gaule à la fin du iv' siècle; et, peut-être correspondant aux Nerviens de tout à l'heure, celui des Sagiltarii Tungri (5, 174; 7, 41); H0-17° en Orient, l'épithète Gallicani est donnée : à deux légions de campagne, Divitenses et Solenses (Or., 8, 43 et 50 : en Thrace), où il faut voir comme origine de garnison la ville de Divitia ou Deutz en face de Cologne (cf. t. VII, p. 114, n. 8) et une autre ville inconnue (Soulosse, Solicia?? Aquœ Sulis en Bretagne??); au corps en son entier (sniiores et juniores) des auxiliaires palatins des Sagittarii Gallicani (Or., 5, 54-55); à l'escadron de campagne des Armigeri (5, 35; les seniores seulement, et il est possiblequ'une partie de la troupe ait été laissée en Gaule, Occ, 1, 173; ici, p. 101, n. 2); mi peut ajouter les trois escadrons de campagne, encore que dépourvus de l'épi-
étaient célèbres dans le monde entier. Un poète dira qu'elles n'étaient jamais vaincues que par le hasard1. Quand les empereurs partaient pour les guerres lointaines contre les Perses ou les Goths, ils voulaient à tout prix avoir des Gaulois avec eux2. Ce n'est pas qu'ils en fussent toujours satisfaits, du moins en dehors du champ de bataille : car ces hommes avaient fort mauvaise tête3. Un Parisien, qui servait dans la cavalerie du côté du Tigre, préféra déserter plutôt que d'accepter une punition1. Quand il s'agissait de s'enfermer dans une forteresse et d'y subir un siège, ils criaient comme des enragés, menaçaient de tuer leurs chefs et commençaient par briser les portes1. Mais aussi, quels beaux coups d'épée si on les laissait sortir! Dans
thète gallicane, des Catafractarii Biturigenses, Catafractarii Ambianenses ot Catafractarii Albigenses (Or., 5, 34; 6, 36; 8, 29), formés surtout à l'origine dans les trois centres manufacturiers de Bourges, d'Amiens et d'Albi, et expédiés ensuite en Orient; ce sont peut-être ceux que Julien rassembla à Autun lors de sa campagne de 356 (t. VU, p. 188, n. 4), avec d'autres d'origine autunoise : car on peut supposer dès ce temps-là à Aulun une garnison de catafractarii et de balistarii en rapport avec la fabrique de cuirasses et de balistes que nous y trouverons dans la Notitia (Occ, 9, 33; ici, p. 51, n. 6); 18° en Espagne enfin, les Salii Gallicani (Occ, 5, 210; 7, 129) sont les juniores du corps, les scniores restant en Gaule (Occ, 7, 67). — Les équités Primi Gallicani de l'armée de campagne de Gaule (Occ, 6, 55; 7, 176) doivent être une ancienne ala (ou cohorst) Prima Gallorum (t. IV, p. 138). — J'incline donc à penser que cette épithète de Gallicanus, qui ne se retrouve pas en épigraphie, est un vocable de circonstance, et qu'elle indique l'origine de recrutement ou de garnison de ces troupes, déplacées peu avant la date de la Notitia et sans doute surtout après la défaite d'Arbogast. — Sauf pour les troupes demeurées en Gaule ou celles qui y sont revenues, il est très probable que l'origine ethnique indiquée par le nom a cessé de bonne heure d'être exacte, les vides étant le plus souvent comblés sur place (cf. p. 77, n. 6). — En revanche, certains corps, qui n'ont jamais quitté la Gaule, ont dû être composés surtout de Gaulois: telle, la XXXe légion, toujours en Germanie Inférieure (Occ, 7, 108; ici, p. 100, n. 1), et depuis Trajan (t. IV, p. 469, n. 2).
1. C'est le vers célèbre de Claudien : Gallos casa non robore vinci (De bello Gild , 431). De même, Julien, Orat., I, p. 36 6, Sp.
2. Y compris des auxiliaires d'origine germanique servant en Gaule. Ammien, XX, 4, 7 (pugnaces numéros); XXIII, 5, 25 (numeri Gallicani). Voyez t. VII, p. 221-2 (Constance); id., p. 226, n.8 (Julien); id.,p. 276-7 (Gratien). Sous Valentinien, en Illyrio, Gallicani militis robur (Ammien, XXIX, 6, 16).
4. Apud Parisios natus in Galliis et equestri militons turma, etc. ; Ammien, XVIII, 6, 16 : en 359, et c'est peut-être un des cavaliers envoyés à Constance par Julien (I. VII, p. 221, n. 2).
5. Au siège d'Amida en 359 : gladiis portas cœdebanl, etc.; Ammien, XIX, 6, 3-4 (témoin oculaire).
Amida assiégée par le roi des Perses, deux légions de Gaulois s'échappèrent de la ville, coururent au camp ennemi, massacrèrent tout sur leur passage, faillirent pénétrer jusqu'au quartier général, puis, ramassées en phalange, marquant le pas comme au Champ de Mars1, elles rentrèrent dans la forteresse à travers les nuées d'ennemis qui harcelaient leur troupe. Et ce fait d'armes parut si extraordinaire aux peuples de l'Orient, que l'empereur Constance fit élever à Édesse des statues pour rappeler les noms et les attitudes des chefs de ces braves2. En pleine Mésopotamie et sous le règne de Rome, des soldats de Gaule avaient, disait-on, renouvelé les exploits des guerriers d'Homère3.
La majeure partie de l'armée régionale des Gaules est formée d'auxiliaires6 barbares. Mais sous ces mots d'auxiliaires et de Barbares on confond des êtres de condition et d'origine très diverses, allant insensiblement depuis le serf ou le sujet de