LA BATAILLE D'AIX
> Quand le général installa son camp, il n'y avait encore, dans la plaine, que les Ambrons : c'étaient les plus braves des Germains, mais ils n'étaient que trente mille, et, ignorant sans doute l'arrivée de l'ennemi, ils ne songeaient qu'à boire, dormir ou se baigner, dans cette campagne d'Aix si fertile, si chaude et si riante'. Le consul jugea bon de s'en débarrasser tout de suite, et, avant même d'avoir achevé les remparts du camp, il consentit à la bataille-.
Tous les avantages du terrain étaient d'ailleurs pour lui. Il laissa les Ambrons prendre la formation de combat et s'avancer en bon ordre, hurlant leur cri de guerre et frappant leurs armes en cadence. Mais, en passant la rivière, qui les séparait du
s'abuser que de le chercher ailleurs qu'aux portes d'Aix. » — Les autres écrivains placent tous la seconde bataille dans la région de Fourrières (Raymond de Solier le premier, au xvi* siècle, mss. cités par Bérenger-Féraud, p. 235), quelques-uns y placent aussi la première (Papon, Tiran, Desjardins, Dervieu, Clerc); d'autres placent cette première près d'Aix (Bouche, Pitton, Statistique, Rouchon, Gilles, de Duranli La Calade, Bérenger-Féraud). L'hypothèse de Pertuis pour la première bataille (de Saint-Eutrope, etc.) ne mérite pas d'être discutée. Celle de Pourriéres a contre elle, outre tous les détails fournis par les textes, l'éloignement des lignes de ravitaillement, de secours et de retraite, et le peu d'eau que renferme l'Arc. — Ce qui a déterminé presque tous les écrivains à choisir Pourriéres, ce sont les ruines des soi-disant trophées de Marius (cf. Carte de l'État-Major, n° 235 : Arc de triomphe de Marius, ruiné [sic]) : mais ces ruines, qui n'ont jamais été vues que rasées, dès le xvi" siècle (cf. de Solier, ms. apud Clerc, p. 237), me paraissent absolument indéterminables (cf. de Gerin-Ricard, Bull. Arch., 1902, p. 36 et s.; Clerc, p. 249 et s.). Toutes les étymologies qui rattachent les noms des localités voisines à la victoire de Marius (la montagne Sainte-Victoire [en réalité Ventiiri], Fourrières = campi putridi [en réalité Porrerise]) sont insoutenables (de même que pour la route d'Hannibal, 1. 1, p. 458, n. 2); cf. Revue des Éludes anciennes, 1899, p. 50 et suiv. ; Clerc, p. 263 et suiv. —En revanche, je ne peux pas rejeter encore l'hypothèse de Montanari, qui voit dans les bas-reliefs d'Entremont des souvenirs de la bataille d'Aix (Montanari, Rivista di storia antica, X, 1906, p. 239).